Antonio Lizana Quintet à Figeac
VincentBreton.fr
May 16, 2026
Fi’Jazz c’est Figeac en Jazz et c’est la cinquième année. Un Quintet à part, celui d’Antonio Lizana, est venu nous offrir ce 15 mai un vrai spectacle vivant, une cavalcade jubilatoire et métissée entraînant les spectateurs dans la joie jusqu’à la sortie du spectacle. Inoubliable. Du Jazz Flamenco ? Pas de régionalisme étriqué, pas de folklore conformiste, mais plutôt un rappel du meilleur de l’Espagne quand elle a su se laisser traverser de mille courants. Voilà donc sur scène une réinvention nourrie de ces flux vivants venus d’Orient et d’Occident, irrigués sûrement de ces douleurs partagées, métissages de destins, de musiques savantes et populaires. Et voilà sur scène cinq garçons, avec ce quintet hautement complice, formidablement reliés dans une énergie non dénuée de sensualité où exultent les voix et les corps, ça claque, ça tape, ça galope comme dans un poème de Federico Garcia Lorca, ça fuse, ça jaillit comme dans les jets d’encre de Dali, c’est sombre, c’est plein d’amour, c’est drôle; c’est du sang vif. Multi-talents Antonio Lizana, leader et compositeur du groupe tient le saxophone mais aussi la flûte et chante.El Mawi de Cádiz assure la danse flamenca et les chœurs. Ils sont tous les deux les piliers du groupe et leur énergie est contagieuse. Tout est ciselé, précis. Daniel García Diego était au piano et aux claviers comme aux chœurs.Arin Keshishi basse électrique, chœurs.Shayan Fathi batterie.Ces deux derniers sont iraniens. Passés du côté du jazz comme des transfuges, nul doute qu’ils ont gardé dans l’oreille les constructions savantes de la rythmique persane pour mieux entrer dans celles de la musique andalouse. Tous reliés, tous de grands talents dont la virtuosité ne cède pas à la facilité. Les circonvolutions jazz évitent l’intellectualisme parfois pesant. Ça chante, ça claque des mains, la course tout au long du spectacle est presque ininterrompue. Attraper le public Je déteste ces spectacles où l’on fait taper dans les mains et chanter le public avec tous les risques de dérive démagogique que cela entraîne. Non, là Antonio Lizana vient chercher le public en créant avec lui une proximité complice qui élève. Et le voilà initié au flamenco, qui quittera la salle en chantant. En ces temps de médiocrité, où les réactionnaires nous désespèrent, il y avait là de quoi contredire la bêtise en offrant le meilleur de l’humanité. Mon seul regret est de ne voir dans ces spectacles quasiment que des vieux parmi les spectateurs. Trop peu de jeunes, par manque certainement de connaissance, d’attirance, de diffusion… À voir le site d’Antonio Lizana : https://www.antoniolizanamusic.com/?lang=fr
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