Nooh Band à Fijeac
VincentBreton.fr
May 17, 2026
L’Occitanie est mère de jazzeux et la couveuse est riche en talents déjà bien assumés. Preuve en fut ce samedi 16 mai 23 avec la venue à Figeac d’un groupe soudé par une belle amitié et la capacité tout en puisant dans la tradition, de signer déjà la promesse d’un son original. Des talents à suivre. Venus de Toulouse Un accordéon, une guitare, une batterie, un saxophone et une basse. Cinq amis venus de Toulouse. Sortis d’une école de jazz, leur musique mêle funk, accents rocks et puise sûrement à d’autres sources dévalant les pentes du causse… Les voilà occupant la scène avec naturel, conviction et convaincants. L’accordéon montre des ressources inépuisables et se réinvente. Il ne prend pas le dessus sur les autres instruments qu’il laisse dialoguer à bon escient. Dans un groupe on oublie souvent les noms : Damien Gourgnier à la guitare, Florian Lagarde à l’accordéon, Louis Gourmaud à la batterie, Malou Berdoy à la basse électrique et Romain Ludéritz au saxophone ténor. Le deux premiers composent, le groupe sait aussi s’inspirer de standards connus. Sortis d’une école de jazz, ils n’ont pas 25 ans, mais ils savent mettre assez de sel dans ce qu’ils ont à donner pour que le tout ne soit jamais scolaire. Le concert passe vite, on en redemanderait, mais un autre suit… L’énergie de l’amitié, l’écoute, ce qui fonctionne bien c’est la troupe. Ce qui importe c’est que le spectacle soit vivant. C’est pourquoi le jazz s’écoute dans une salle. Public rajeuni Dans la salle quelques jeunes venus applaudir. Ils sont aussi musiciens et la promesse que le jazz n’est pas qu’un truc périmé qu’écoutent des boomers en prenant l’air intellectuel. Le jazz, s’il puise dans le sillon inoubliable du blues, sait se renouveler, se métisser, continue d’avoir des choses à dire. On voudrait qu’une action résolue ouvre les oreilles d’un public plus large, noyé de soupe commerciale : le festival, belle opportunité, prêche pour les convaincus. Les antennes s’ouvrent si peu à cette culture que c’est à rager. Les salles manquent. Il faudrait donc que le jazz, dès la maternelle, visite les écoles. Émancipateur, le jazz est source de joie. Il est vrai que de nos jours la joie est assez révolutionnaire pour effrayer les conformistes. Mais c’est aussi de la responsabilité de chacune et chacun, d’aller dénicher ici ou ailleurs celles et ceux qui si tout va bien feront l’Affiche demain, pourvu qu’on ne les ignore pas.
Discussion in the ATmosphere