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Tortures, violences sexuelles, humiliations… Deux rapports mettent en avant les abus contre les femmes en Birmanie

Le Viêt Nam, aujourd'hui – Réunion d’articles de presse sur l’a… June 12, 2026
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Une enquête de nos confrères du quotidien britannique The Guardian, publiée ce jeudi 11 juin, ainsi que deux rapports récents, l’un de l’ONU et l’autre de l’ONG birmane AAPP (Association d’assistance aux prisonniers politiques), alertent sur l’existence d’un système de répression carcérale fondé sur le genre en Birmanie. Depuis le coup d’Etat du 1erfévrier 2021 en Birmanie, la junte au pouvoir a fait des milliers de prisonniers politiques dont des femmes victimes d’abus fondés sur le genre. L’incarcération de ces opposantes à la junte ne relève donc pas seulement de la privation de liberté. Une mécanique inhumaine D’après l’enquête publiée ce jeudi 11 juin dans le quotidien britannique The Guardian, il s’agit d’un système de répression genré qui commence souvent dès l’arrestation, et qui se poursuit pendant les interrogatoires. Cette mécanique s’installe ensuite en prison et se traduit par la surveillance, l’humiliation sexuelle, la torture ou encore la privation de soins. Dans un rapport publié le 23 mars 2026, l’ONG birmane AAPP (Association d’assistance aux prisonniers politiques) recense 30 667 arrestations politiques entre le 1er février 2021 et le 22 mars 2026, dont 6 337 femmes. « Tout au long de l’histoire révolutionnaire et politique de la Birmanie, les femmes de tous les groupes ethniques du pays ont toujours été présentes dans la lutte contre la dictature militaire. Quel que soit l’époque ou le régime, elles ont combattu avec courage sur tous les fronts, portant des coups décisifs au cœur même du pouvoir. », précise l’Association d’assistance aux prisonniers politiques. L’AAPP affirme par ailleurs que plus de 2 100 femmes sont décédées depuis le coup d’Etat de février 2021. « Quarante d’entre elles seraient mortes dans des prisons, des commissariats et des centres d’interrogatoire, des suites de tortures. Nombre d’autres ont certainement perdu la vie dans l’anonymat. », souligne l’ONG birmane. Le rapport de l’AAPP décrit des cellules surpeuplées, une alimentation insuffisante et malsaine, une eau impropre, un défaut d’hygiène ou encore une pénurie de produits menstruels. Il évoque également des fouilles intrusives jusqu’au contact direct avec les organes génitaux des femmes, ainsi que des attouchements de la poitrine. Il mentionne également des violences physiques répétées, y compris à l’aide de bâtons métalliques ou en bambou, de matraques en caoutchouc, de tasers et de lance-pierres. Des crimes commis intentionnellement Daté du 15 juillet 2025, le rapport du secrétaire général des Nations unies sur les violences sexuelles liées aux conflits n’est que partiellement consacré à la Birmanie. Il indique cependant qu’en 2024, ces violences ont continué à être signalées contre des femmes, des hommes, des filles, des garçons et des personnes LGBTQI+. Elles sont principalement le fait des forces armées birmanes, et surviennent en détention, à des checkpoints ou lors d’opérations militaires. Et pour ce qui concerne les lieux de privation de liberté, le rapport onusien précise que des responsables pénitentiaires auraient commis des violences sexuelles « pour obtenir des informations ou comme moyen de punition. » Il évoque également des viols collectifs pendant les interrogatoires, ainsi que des violences sexuelles infligées à des femmes, des hommes, des enfants et des personnes LGBTQI+. Tous ces crimes seraient commis avec l’intention de punir et de répandre la terreur au sein des populations. Quant aux victimes, elles sont souvent ciblées en raison de leur genre, de leur appartenance ethnique, de leur affiliation politique supposée ou de leur identité sexuelle. L’enquête du quotidien britannique The Guardian insiste néanmoins sur la dimension genrée de la répression exercée par la junte birmane. Des détenues auraient ainsi été filmées en secret, dans les douches, par du personnel pénitentiaire masculin. Et d’après un avocat cité par le journal, ces images auraient ensuite servi à faire pression sur les familles. Dans son rapport du 4 avril 2025, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la Birmanie indique que la torture est particulièrement fréquente pendant les interrogatoires, et peut se prolonger en prison. Il précise que de nombreuses anciennes détenues ont été interrogées sans la présence d’un officier féminin. Et en août 2024, des agentes ou gardiens de prison ont brutalement agressé un groupe de prisonnières politiques après une grève de la faim. Par Christian Eboulé – TV5 Monde – 11 juin 2026

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