Le monde vu d'Israël
Chaque semaine, le dessinateur Pitch Comment et la rédaction de Heidi.news partagent leur regard sur l'actualité. Cette fois-ci, on relève l'isolement croissant du gouvernement israélien, pour lequel toute critique relève de l'antisémitisme.
Quand l’ONU (en août 2025) déclare l’état de famine à Gaza, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou estime que son pays est victime d’une campagne antisémite orchestrée par le Hamas, des ONG, les Nations unies et de grands médias internationaux. Quand la France reconnaît la Palestine (un mois plus tard), il accuse Emmanuel Macron de «nourrir le feu antisémite». Quand (la semaine dernière) des intellectuels israéliens dénoncent les exactions des colons en Cisjordanie, ils sont accusés d’être des «juifs antisémites».
Bien sûr, des voix raisonnables estiment que c’est Benyamin Nétanyahou lui-même qui attiser le fléau. Un intellectuel emblématique comme Alain Finkielkraut, qu’on ne peut soupçonner d’islamo-gauchisme, a déclaré: «Je suis inquiet devant la montée de l’antisémitisme, mais c’est Nétanyahou qui aujourd’hui donne des munitions». Autre personnalité qui compte, le géopolitologue Dominique Moïsi, fils de déporté, ayant enseigné à l’université hébraïque de Jérusalem, a estimé que la politique du gouvernement d’Israël faisait passer le pays «du statut d’Etat miraculé à celui d’Etat paria, voire d’Etat voyou» , ajoutant que le massacre «sans considération de proportionnalité des civils palestiniens» avait «tué la Shoah et la protection qu’elle représentait encore (…) pour l’Etat hébreu et le peuple juif dans son ensemble.»
Pour sa part, le ministre de la défense israélien, Israel Katz, a déclaré, mercredi que l’armée israélienne resterait «pour une durée indéterminée» dans ce qu’il qualifie de «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. Au Liban, on dénombre plus de 4000 morts dans des frappes israéliennes, des civils en très grande majorité.
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