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"publishedAt": "2026-06-23T05:00:00.000Z",
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"Suisse"
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"textContent": "Dernier épisode de notre voyage dans les pays de M. Mort. Ses héritiers académiques contestent l’idée d’une mort devenue taboue: les rites n’ont pas disparu, disent-ils, ils se sont déplacés, professionnalisés, personnalisés – parfois jusque dans le numérique.\n\nBernard Crettaz n’était pas un chercheur académique. Pour autant, son empreinte est encore présente dans le champ des sciences sociales. Il a des héritiers parmi les universitaires. Dans ce dernier épisode consacré à M. Mort, j’en rencontre quelques-uns.\n\nCes chercheurs continuent d’observer la manière dont nous, les humains, faisons avec nos trépassés et l’idée de notre propre finitude – projet sans date de péremption. Car vivre la mort, c’est aussi la penser, l’analyser, l'accueillir dans nos vies de mortels. Et ne pas seulement la considérer quand elle nous surprend et nous étreint douloureusement.\n\nCes universitaires sont bien conscients de la difficulté de séduire les foules avec leurs macabres sujets de recherche. Je n’en ai pas vu à l’instar de Bernard Crettaz, animer des cafés mortels ou faire défiler des chars mortuaires lors d’une conférence, mais eux aussi n’ont de cesse de ramener leur objet de réflexion vers le concret, de trouver de nouvelles façons de communiquer avec le grand public, avec les professionnels du funéraire et de chercher des fonds pour leurs recherches. Il ne s’agit pas de rendre la mort attrayante, ce serait mal venu, mais disons, concernante et proche.\n\n### Avec Marc-Antoine Berthod\n\nDans son bureau installé dans les bâtiments de la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne (HETSL), l’anthropologue Marc-Antoine Berthod a tout un carton de brochures et fascicules sur les initiatives auxquelles il a participé depuis des années pour parler de la mort. En piochant au hasard, je découvre le concept de _«repas de la mort»_ : une performance culinaire organisée en 2009 à Serrière par des chercheurs et le collectif neuchâtelois Feel the Food; elle s’est déroulée à la lueur des bougies autour d’un grand buffet de mets tout blancs entouré de crânes multicolores et de squelettes en papier mâché.\n\nJe consulte également le programme d’une _«balade mortelle»_ qui a eu lieu près de Renens en 2024:\n\n**9h15** , accueil, café-croissant\n**9h45** , départ pour le cimetière de Chavalle, promenade sur la route de Praz Veguey avec des chercheurs, des marbriers, des doulas de fin de vie.\n**12h30** , apéritif dinatoire, atelier participatif et conférence sur les cimetières durables.\n\nVoir plus",
"title": "Au pays de Bernard Crettaz (3/3). La mort est un sujet de recherche qui se porte bien"
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