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"publishedAt": "2026-05-20T17:19:00.000Z",
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"Suisse"
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"textContent": "On a vu, dans l’épisode précédent, que le statut d’une femme arrêtée en 2020 lors d’une grande opération anti-drogue en Valais a basculé. Véronique était prévenue, la voilà victime. Lors d’un interrogatoire, elle a en effet raconté aux policiers un viol collectif dont elle aurait été victime deux ans plus tôt. Des suspects sont condamnés. On va voir ce qui ne colle pas, dans les déclarations des uns et des autres. On verra aussi que la date des faits est tout sauf certaine.\n\nC’est ce que l’on appelle des déclarations spontanées. Deux hommes arrêtés dans le cadre de l’opération «Golf», que nous avons nommés Guillaume et Arash (tous les prénoms de cet article ont été modifiés), sont interrogés sur le trafic de cocaïne. Ils ne savent pas encore qu'une procédure pour viol a été ouverte, après les déclarations de Véronique aux policiers le 27 mars 2020.\n\nQuand les enquêteurs évoquent cette sommelière française qui travaillait dans un bar proche de Sion, quelque chose de surprenant se produit: les deux suspects, interrogés séparément, déclarent spontanément avoir eu une relation sexuelle avec elle, au cours d'une soirée passée à son domicile, en présence de Besmir, l’ancien compagnon de Véronique. Sans qu'on le leur demande, ils donnent des détails. Arash dit n'avoir pas réussi à avoir une érection. Guillaume raconte s'être inquiété d'avoir éjaculé sans préservatif.\n\n### Pas de bagarre\n\nCes deux détails – le problème d'érection, l'éjaculation sans protection – correspondent à ce que Véronique a déclaré sur ses violeurs. Les enquêteurs n'iront pas chercher plus loin. Pour eux, les coupables sont trouvés.\n\nMais les deux hommes décrivent une soirée radicalement différente de celle racontée par la victime. Ils ne sont pas allés au Jukebox, la boîte de nuit de la banlieue de Sion, comme dans le récit de Véronique, et il n'y a pas eu de bagarre. Ce n'est pas elle qui les a conduits à Savièse: Besmir les a invités par téléphone, et Guillaume est monté avec son propre véhicule. Les relations, disent-ils l'un et l'autre, étaient consenties.\n\nComment expliquer ces incohérences? Une hypothèse s'impose progressivement, à mesure qu'on lit le dossier: Guillaume et Arash décrivent peut-être une soirée différente de celle du viol. Une autre soirée, une autre nuit, un autre groupe d'hommes. C'est en tout cas ce que soutiendront leurs avocats – et c'est là que l'enquête, selon eux, a déraillé.\n\n### La mécanique de l'erreur\n\nQuelques jours après les déclarations de Véronique, les policiers entendent Besmir. Ils évoquent avec lui la soirée au Jukebox, celle de la bagarre – mais la situent, étrangement, en octobre 2018, alors que Véronique parlait de septembre et que les preuves bancaires pointent vers le mois d'août. Le procès-verbal ne contient aucune explication sur cette datation. Besmir confirme qu'il y a eu une bagarre impliquant un certain Mohamed. Et il ajoute que ce soir-là, il était avec deux amis originaires des Balkans. Il donne leurs noms.\n\nCes deux hommes ne seront jamais interrogés.\n\nMoins d'une semaine plus tard, lors d'un second interrogatoire, les policiers font référence à une déclaration que Besmir aurait faite oralement le 2 avril 2020: il serait allé chez Véronique avec Guillaume et Arash. Mais cette déclaration n'a jamais été consignée dans un procès-verbal. En Valais, comme dans plusieurs autres cantons suisses, les auditions ne sont pas enregistrées. Dans quelles circonstances Besmir a-t-il dit cela? En réponse à quelle question? Il est désormais impossible de le savoir.\n\n### «Pas ce soir-là»\n\nLes policiers posent alors leur question : _«Souhaitez-vous librement vous exprimer sur un incident survenu en présence de Véronique, à la suite d'une altercation qui s'est déroulée à Sion au Jukebox, en octobre 2018 ?»_ Besmir répond : _«J'ai passé une soirée chez Véronique avec deux amis, mais ce n'était pas ce soir-là.»_\n\n _«Ce n'était pas ce soir-là.»_ Personne ne relève. Personne ne demande ce que cela signifie – quelle soirée, quelle nuit. L'enquête continue dans la même direction.\n\nVoir plus",
"title": "Viol en Valais: la justice a-t-elle confondu deux soirées?"
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