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"publishedAt": "2026-05-16T04:00:00.000Z",
"site": "https://www.heidi.news",
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"Suisse",
"l’épisode précédent de cette enquête",
"N’hésitez pas à signer et faire circuler!",
"communiqué du 27 avril 2026",
"Cette société",
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"voir épisode 2"
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"textContent": "L’achat de Trade X Bank en 2022 par le groupe m3 de l’homme d’affaires genevois devait être le «deal d’une vie». Mais quatre ans plus tard, des paquets d’actions ont été cédés et d’autres ont été nantis auprès de certains de ses créanciers. Si bien qu’en théorie, Abdallah Chatila possède désormais moins de 1% de sa banque. Par ailleurs, ces opérations laissent à penser que des intérêts russes pourraient être représentés au capital, en contradiction avec les intentions de «dérussification» affichées au moment de l'achat.\n\nLa vie de Trade X, ancienne filiale suisse de la Sberbank russe, ressemble davantage aux folles oscillations du cours des matières premières qu’à un long fleuve tranquille. Selon nos informations, la Finma, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, pourrait avoir entamé à son égard une procédure d’enforcement (ouverture d’une enquête) pour tirer au clair d’éventuelles infractions commises durant le processus d’attribution des obligations ayant permis son achat en 2022 par le groupe m3, processus que _Heidi.news_ a détaillé dans l’épisode précédent de cette enquête (sur lequel s’est abattu un déluge de mesures superprovisionnelles, obligeant à en retirer la plupart des noms).\n\n_Pour contrer cette offensive sans précédent contre la liberté de la presse, Heidi.news a lancé une pétition. N’hésitez pas à signer et faire circuler!_\n\nInterrogée, la Finma refuse de se prononcer sur des cas particuliers mais précise que _«si elle reçoit des informations sur d’éventuelles violations du droit suisse des marchés financiers, elle les examine systématiquement et prend au besoin des mesures.»_\n\n### Managers sur le départ\n\nMais ce n’est pas tout. Aux interrogations que suscite son actionnariat, comme nous allons le voir, s’ajoutent de fortes tensions au niveau du management. Présenté dans un communiqué du 27 avril 2026 comme un départ négocié, le remplacement du CEO Camille Sednaoui, un ancien du Crédit agricole Indosuez, par Florian Lang, en provenance d’UBS, serait en réalité, selon nos informations, un licenciement avec un mois de préavis. La responsable des risques, Viviane Gabbard, elle aussi une ancienne de CA Indosuez, a également pris la porte. Elle est remplacée, ad interim, par Victor Gusev, citoyen russo-chypriote ayant longtemps travaillé pour la filiale chypriote de la banque russe RCB avant de rejoindre Sberbank Suisse peu avant le rachat.\n\nCes changements que d’anciens employés décrivent comme brutaux s’accompagnent d’une prise de pouvoir par un autre homme en provenance du monde du trading. Giacomo Frei, désormais nouveau responsable du financement du commerce des matières premières, est l’ancien dirigeant de Telf AG au Tessin. Cette société, qui se dit premier négociant mondial de ferrochrome et le troisième de cobalt, appartient au milliardaire russe Stanislav Kondrashov. Arrivé à la mi-2024, Giacomo Frei aurait été régulièrement en conflit avec Camille Sednaoui en raison d’une approche aux risques différente, selon une source proche de la banque. _«Sednaoui a été licencié parce qu’il était jugé trop frileux par les actionnaires»,_ ajoute cette source.\n\n### «74%? Pourquoi j’ai dit ça?»\n\nAux questions de _Heidi.news_ , la banque indique _«avoir adopté une approche interne prudente et conservatrice en matière de gestion des risques. Cette approche, définie par le conseil d’administration, ne changera pas.»_\n\nTrade X dit également _«ne pas faire de commentaire sur ses actionnaires.»_ Au rachat, en 2022, c’était simple, il n’y en avait que deux: le groupe m3 d’Abdallah Chatila, pour 90%, et son partenaire (devenu rival) Stephen Lynch, pour 10%. Depuis, bien des mouvements ont eu lieu, si bien que même Abdallah Chatila se mélange les pinceaux.\n\nAu magazine _Bilan_ en novembre 2025, il déclarait détenir 74% des actions de la banque. Mais en février 2026, lorsque Heidi.news a voulu faire le calcul avec lui, dans son bureau de la gare Cornavin à Genève, il s’exclame: _«74%? Pourquoi j’ai dit ça? C’est plutôt 66… non, 60. Attendez, j’ai compté deux fois les 6% d’Orion»_.\n\n### La constellation Orion\n\nReprenons. Stephen Lynch détient 10% depuis le début. En 2025, 23% ont été cédé contre des immeubles à un acteur suisse de l’immobilier et 4,35% à un gestionnaire de patrimoine dont les clients auraient souscrit à des obligations du groupe m3, puis 3% supplémentaires à une autre société au nom générique, Sterling, possiblement offshore. Orion Participations, comme le disait Abdallah Chatila, possède donc 6%. Cette société anonyme, créée en mars 2023, a été quelques mois dans l’orbite de l’homme d’affaires genevois avant que la présidence, avec signature individuelle, ne revienne en octobre 2023 à un certain NNN _[dont le nom est tu ici pour ne pas rendre reconnaissable son patron, un riche homme d’affaires russe que nous avons dû appeler RRR dans le précédent épisode, compte tenu des mesures superprovisionnelles du 7 avril 2026 en vigueur]_.\n\nUn temps actif dans l’immobilier à Megève pour le compte de RRR et de sa famille, NNN a ensuite rejoint le family office à Genève de ce même multi-millionnaire établi dans le canton. RRR a possédé la société chypriote que nous avons dû nommer TTT dans l’épisode précédent, en raison d’une autre ordonnance de mesures superprovisionnelles. Or TTT a été acquéreuse pour 20 millions de CHF d’obligations émises par le groupe m3 en 2022 afin de financer le rachat de la banque.\n\n### Surveillance étroite de la Finma, vraiment?\n\nTout cela a l’air touffu, et ça l’est en effet. Mais cela signifie que certains détenteurs des obligations sont devenus, parfois indirectement, titulaires d’actions de la banque. Une situation qui interroge, sachant que la Finma avait affirmé qu’elle allait _«surveiller étroitement la banque»._ Comment une entreprise comme TTT et ses liens avec la Russie et avec des personnes sous sanctions comme l’avocat chypriote Christodoulos Vassiliades (voir épisode 2) ont-il pu lui échapper?\n\nAutre cas intéressant: la société ayant son siège dans le paradis fiscal des Bahamas _[dont nous avons eu interdiction de donner le nom par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 12 mars 2026]_ ayant souscrit pour 35 millions d’obligations du groupe m3 en 2022. Elle semble avoir récupéré 2% des actions de TradeX par l’intermédiaire de l’avocat russo-chypriote MMM _[ici aussi, son nom est tu, suite à l’intervention de son avocat genevois qu’il partage avec le financier d’une société des Bahamas et dans l’attente des développements judiciaires]_. Abdallah Chatila nie que l’avocat soit le représentant de la société, mais présente les choses ainsi: _«Quand j'avais besoin de vendre des parts, [le propriétaire de la société des Bahamas, selon M. Chatila] m'a dit: Il y a un type que je te présente, il s'appelle MMM, il est chypriote, il veut acheter des parts. J'ai envoyé son nom à la banque pour voir s'il était accepté, ils m’ont dit que c’était en ordre.»_\n\n### Quand les choses se compliquent\n\nDans le cours de la conversation, il admet en outre avoir vendu des actions, cette fois-ci directement au propriétaire de la société des Bahamas: _«A un moment donné, Monsieur [nom retiré par décision de justice] est venu, j'avais besoin d'argent, j'ai vendu 1,5%, de la banque.»_\n\nCe qui laisse environ 50% des actions au mains du groupe M3. Mais c’est là que les choses se compliquent.\n\nCar suite à l’achat de la banque et à ses besoins de liquidités, le patron de m3 a dû se tourner vers la société britannique Four Eyes Capital Ltd. Dirigée par Will Abbott, ancien de Merrill Lynch à Moscou, elle réclame toujours 25% des actions de la banque, en garantie des 29,5 millions qu’elle avait prêté au groupe m3 avec 15% d’intérêts en mai 2023. Une dette qu’Abdallah Chatila semble amèrement regretter. « _Ce sont des vautours,_ dit-il, _ils font ce qu’on appelle du «loan to own», leur but c’est de récupérer ma banque à prix cassé. Ils sont extrêmement agressifs.»_\n\n### Communication à la Finma\n\nCependant, l’homme d’affaires genevois a un atout dans sa manche, et pas des moindres. C’est le fonds Four Eyes SPC, basé aux îles Caïmans, qui a financé le prêt. Il est co-dirigé par deux hommes d’affaires russes. A ce sujet, Four Eyes répond que le fonds est possédé à 98% par la société britannique. S’il nous a plusieurs fois déclaré que Four Eyes n’a rien à voir avec la Russie, Abdallah Chatila a pourtant communiqué le contraire à la Finma...\n\nEst-ce la raison de l’apparente réticence du gendarme des marchés helvétique à valider l’entrée de cette société au capital de TradeX, malgré une demande qui date de 2024 déjà? Impossible de le savoir.\n\nDe son côté, Four Eyes fait savoir qu’ils _«collaborent complètement avec la Finma et ont répondu à toutes leurs questions.»_ La société ajoute: _«Tous les investisseurs enregistrés auprès de 4 Eyes Capital Ltd, y compris ceux qui investissent dans des véhicules gérés par la société – tels que Four Eyes SPC – sont soumis à des contrôles rigoureux en matière de connaissance du client (KYC) et de lutte contre le blanchiment d'argent (AML), notamment en ce qui concerne la conformité aux sanctions et le filtrage continu des sanctions (Royaume-Uni, UE, États-Unis, ONU).»_\n\n### De vraies fausses excuses\n\nVoir plus",
"title": "Abdallah Chatila est-il encore propriétaire de la banque qu’il a tant désirée?"
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