Crise du libéralisme et recompositions idéologiques contemporaines.Lectures croisées d’Arnaud Miranda « Les Lumières sombres », et de Raphaël Demias-Morisset « L’illibéralisme »
Fragments sur les Temps Présents [Unofficial]
May 18, 2026
Georges de La Tour, La Madeleine pénitente, vers 1640 Par Stéphane François La période contemporaine se caractérise par une remise en cause profonde du paradigme libéral qui, depuis la fin de la guerre froide, semblait constituer l’horizon indépassable des sociétés occidentales. Loin de l’optimisme téléologique exprimé par certains auteurs au tournant des années 1990, le début du XXIe siècle voit émerger des contestations multiples, issues tant des transformations socio-économiques que de recompositions idéologiques plus profondes. Dans ce cadre, Les Lumières sombres d’Arnaud Miranda (Paris, Gallimard, 2026) et L’illibéralisme de Raphaël Demias‑Morisset (Bordeaux, Le Bord de l’eau, 2025) constituent deux entrées particulièrement éclairantes pour appréhender ces transformations. Le premier ouvrage s’intéresse aux néo-réactionnaires qui s’inscrivent dans un courant intellectuel critique du libéralisme que l’on peut rattacher à certaines formes de pensée réactionnaire contemporaine, voire à une réactivation de traditions anti‑égalitaristes. L’illibéralisme de Raphael Demias‑Morisset, quant à lui, propose une analyse des régimes illibéraux contemporains, en insistant sur leur caractère hybride et sur leur inscription dans les dynamiques propres aux démocraties libérales en crise. La confrontation de ces deux ouvrages permet d’interroger la nature de la séquence historique actuelle. S’agit‑il d’un dépassement du libéralisme, porté par des courants idéologiques alternatifs, ou d’une [...]
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