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"description": "quelques jours sans voiture, dans ce pays enclavé, cela n'est pas sans contrainte et oblige à revoir ses projets",
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"Sur le vif"
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"textContent": "Il serait imprudent que l’auto se lance sur les routes du Rouergue sans l’intervention du garagiste. Alors jusqu’à jeudi il faudra se contenter du vélo et des pieds. De la contrainte il faut faire naître une alternative joyeuse. Pourtant, ici sans auto, t’es mort. Ou presque. Bagnole Elle est belle cette Oldsmobile du début des années soixante. Mais non, ce n’est pas ma voiture. Je lis déjà votre déception. Celle là devait facilement boire entre en 15 et 20 litres aux cents kilomètres. Je n’aurais pas le budget, surtout en ce moment. Ma première, ce fut au début des années quatre-vingt, une deux-chevaux bleue aux phares ronds. Le temps a passé. Aujourd’hui je roule dans une voiture qui a passé les huit ans. Peut-être bien ma dernière voiture, il faudra qu’elle tienne longtemps. Je la confie à un jeune garagiste. Les mécanos autour de lui semblent ne pas avoir trente ans. J’aime bien l’ambiance de ce petit garage à part où l’on s’occupe beaucoup de voitures anciennes. J’étais venu pour des bruits et des grincements. Rien de très grave mais il faudra revenir jeudi et en attendant éviter de rouler au loin… Aller à Rodez ? Tu peux rêver. À pied, il faudrait 16 heures. Un peu long pour aller voir la marche des fiertés cet après-midi. En transports en communs, il faudrait marcher près de trente minutes puis prendre le bus et le TER, soit 2h53 pour 68 km. Juste pour l’aller. Dépenser entre 13 et 28 euros pour un aller… à moins de ne prendre que le bus pour 12 euros l’aller mais … 4 h 41 min de transports ! Contre 1 h 10 en auto. Il fut un temps où la gare de Cajarc permettait d’aller jusqu’à Cahors ou à Figeac. Ce n’était pas spécialement simple ni rapide mais cela ouvrait des perspectives. Aujourd’hui, c’est devenu une voie pour les touristes… Enclavés Ici, depuis le hameau, pour déposer les poubelles, c’est trois kilomètres aller-retour. Quand je suis arrivé il y a peu, nous avions un point de collecte proche qui a été supprimé par souci de rentabilité. Les commerces sont au village, de l’autre côté de la rivière. Il y a l’essentiel, mais pas le moins cher. Les médecins sont saturés, la dentiste ne m’a accepté qu’après de longues tractations. Un jeune sans cyclo, un vieux pas alerte, peuvent vite avoir le sentiment d’être coincés sur place et ne plus voir vraiment la beauté des paysages. Tout le monde ici, le plus tôt possible, a sa voiture et dans les foyers, il en faut presque une par personne. Le vélo ? Je n’ai pas assez de muscles pour en faire ailleurs que dans la vallée. Et encore, les faux plats ne manquent pas. Même un vélo électrique s’épuiserait vite à grimper les côtes abruptes du causse. Cette réalité, qui n’est pas pour moi dramatique, est difficile pour les natifs, les scolaires et les travailleurs qui tous font des kilomètres pour aller travailler. Tout le monde n’est pas occupé par le tourisme local ou l’agriculture… et même, pour ces activités il faut constamment bouger. Alors le sentiment d’abandon apparaît vite. Et l’on sait vers où vont les bulletins de vote dans ce cas depuis que la gauche a abandonné les campagnes. Réajuster Il fera moins chaud. C’est un plus. Mais trois jours de pluie sont annoncés la semaine prochaine. Ici les pluies peuvent être soudaines, soutenues ou brutales. Après avoir fait le deuil de quelques projets que j’avais, ce sera peut-être l’occasion de renouer avec ces balades que nous faisions ici avec le chien et que j’ai délaissées depuis qu’il n’est plus là. Six mois déjà. Les refaire n’est jamais sans nostalgie. Puis, il s’agira de reprendre l’exploration des lieux et d’aller dénicher peut-être des routes, des sentiers, des chemins que je ne connais qu’à peine. J’ai ce besoin de marcher pour réaligner mes pensées… Il y a le marché d’ailleurs tout à l’heure. Et la maison des Arts, puisque je n’ai pas vu la dernière exposition. Je me rends compte que je suis très peu allé au village ces temps derniers. C’est un peu le paradoxe. Dans les pays enclavés, puisqu’on doit se mettre en mouvement pour de nombreuses activités, on finit par délaisser la proximité immédiate. Je fréquente plus des secteurs et des personnes éloignées que le hameau et mes propres voisins… Et mille choses à faire, dans la maison et l’écriture. Je ne sais pas m’ennuyer. Il n’est de limitations ou de prisons réelles que dans la tête. Il me reste mes pieds. Un jour, si je trouvais quelqu’un pour s’occuper de la chatte, j’aimerais bien m’essayer au chemin de Compostelle. Il passe, juste à côté !",
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