{
  "$type": "site.standard.document",
  "bskyPostRef": {
    "cid": "bafyreifawgeqlah32hx3uf2ufww5s454jzfgzlntothqp3n4fzx53sfvaa",
    "uri": "at://did:plc:sd3acwgcdqc5doj5bqttjvs4/app.bsky.feed.post/3mmrqyl3b5lps"
  },
  "coverImage": {
    "$type": "blob",
    "ref": {
      "$link": "bafkreigdj7fcmh5qvlvvnbfho2ynjkx2s5vs3yh2bqkhnj2lsjfcgqy7za"
    },
    "mimeType": "image/webp",
    "size": 250998
  },
  "description": "C'est l'heure douce, après la journée de torpeur, je peux ouvrir la fenêtre du bureau sur le jardin",
  "path": "/cest-lheure-douce/",
  "publishedAt": "2026-05-26T19:43:22.000Z",
  "site": "at://did:plc:sd3acwgcdqc5doj5bqttjvs4/site.standard.publication/3mmhm2fuq4hoo",
  "tags": [
    "chaleur",
    "impressions",
    "journal du soir",
    "Sur le vif"
  ],
  "textContent": "C’est l’heure le soir où je peux ouvrir la fenêtre du bureau sur le jardin. C’est l’heure douce après une journée étrange où les pensées s’égaraient, les bavardages se tissaient, la fatigue est venue un moment me happer avant de me laisser debout dans la tiédeur calme. Mille petites choses éparpillées La journée fut si rapide. Si je tiens mon journal. Que noter ? Alexis le garagiste a pris le rendez-vous pour vendredi. 9 heures. Non ce n’est pas trop tôt pour moi. J’ai pensé à la dame de la publicité qui imite les bruits de sa voiture devant le garagiste. J’ai dit, j’ai pas imité. j’ai ma dignité. Lui, hésite à mettre en place les heures d’été. Démarrer à sept heures, finir à treize. J’ai rêvassé devant la deux-chevaux jaune aux phares ronds. La mienne était bleue. Vendredi 9 h ! J’ai nettoyé le jardin d’herbes et de ronces étouffantes. Le laurier rose commence à fleurir. J’ai écrit. Le temps de ranger la vaisselle un type anonyme et sans importance m’a insulté. Parce que j’avais osé dire qu’il fallait « faire provision de courage« . Il l’a fait sur un réseau social. Je m’interrogerais toujours sur ce qui fait les esprits toxiques. Devant mon bol de lentilles, j’ai appris l’histoire horrible de ces deux adolescents qui auraient tué un enfant. Ils ont avoué. Une histoire de pêche et de matériel de pêche. Et des parents qui demandent que la Presse cesse de les harceler. Ces nouvelles atroces aspirent par le vide. Un livre entre les mains, un échange avec Vincent, un autre avec Émeric et Grégory qui se meurt dans la touffeur à St-Denis. Le téléphone chauffait mon oreille. La chatte s’étale sur le carrelage. Je ne chanterai pas ce soir D’habitude le soir, après le repas, avant le dessert, c’est l’heure de chanter, de chercher une chanson, d’en répéter une autre. Je laisse les oiseaux faire. Ce n’est pas que je n’ai pas le cœur à chanter, mais je laisse le soleil baisser son volume et descendre de l’autre côté des falaises, au loin. Les oiseaux font ça mieux que moi ce soir, avec ténacité, volupté. Peut-être pour me remercier pour l’eau et de leur avoir laissé les hautes branches du cerisier garnies cette année de fruits délicieux. Des noix, des cerises, des noisettes et des figues plus tard. C’est ce que je partage avec les oiseaux et monsieur l’écureuil. Notre trésor, notre richesse, notre chance. Dans ce climat bouleversé notre monde change. On dirait une antienne morne. L’énergie doit se chercher d’autres voies. Celle des machines, la mienne. Je n’aime pas que l’on contrecarre mes plans, voir mon énergie avalée comme si le soleil la buvait. C’était drôle aujourd’hui, mieux que les cailloux du Petit Poucet, j’ai semé des objets partout dans la maison et le jardin. Je me fais des jeux de cache-tampon. Cerveau farceur. Sonny Rollins est mort ce matin. Je l’ai déjà dit, je sais. Je ne mettrai pas de disque ce soir. Ce serait trop facile. J’ai un très bon orchestre de jazz dans les arbres. Il faut que j’ajuste la liste des choses à faire et dans quel ordre. Ici, la journée c’est l’Espagne, le soir c’est l’Italie. J’entends des enfants qu’on a libéré dans un jardin. Je suis inquiet pour A, qui ne me dira pas si ça ne va pas bien. Alors, je lui glisse juste des petits messages. Il faut que j’aligne mes pensées, mes projets et mon énergie. Je pense à vous les gens prisonniers de vos villes fétides, assassinés d’horaires et d’énervements, à la transpiration, à la moiteur, aux autobus dont les freins surchauffés sentent le brûlé. À ce qui grince, vibre, couine les jours de forte chaleur, à l’ozone, au métal brûlant. L’acier des rails se tord sous la chaleur et des trains tombent en panne. Il faut écouter ce que ces journées étranges de torpeur ont à nous dire.",
  "title": "C’est l’heure douce",
  "updatedAt": "2026-05-26T19:43:24.000Z"
}