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    "Sur le vif"
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  "textContent": "Souvent on m’a regardé de travers. Non, je ne suivrai pas l’Eurovision, pas plus que le festival de Cannes à la télévision. Quant aux grandes rencontres de football, ça ne m’attire pas non plus. C’est pour moi sans intérêt et ne sert qu’un système éloigné de mes valeurs. Tant pis si c’est mal compris… Les compétitions tuent l’Art Entendons-nous bien : j’adore la chanson. Y compris la chanson populaire. Et ça n’a rien à voir avec le commerce. Et encore moins l’Eurovision. Vous savez bien que j’aime le cinéma. J’en parle souvent ici. Mais pas plus que je ne lis un livre parce qu’il a eu le Goncourt, je n’irai voir un film pour une palme. J’ai souvent mieux aimé voir de petits films personnels qui m’apportaient, ces films qui essaient autre chose, ne sont pas faits pour plaire mais pour dire des choses. Je n’ai rien contre le sport et un match de foot peut-être un moment très chouette à regarder et pratiquer dès lors qu’il n’exclut personne. Je préfère de loin les matchs amicaux entre copains que regarder un match avec des stars à la télévision. L’Eurovision peut avoir un côté kitsch amusant : c’est pour moi insupportable au delà de deux minutes. Tout y est convenu. C’est à la chanson ce que Mac Do est à la gastronomie. Rien ne m’attire de cet univers. Peu importe que des gens sympathiques se laissent embarquer là dedans, c’est affaire de commerce, de compétitions entre nations, d’instrumentalisations politiques de toutes parts. Le même clinquant conformiste, ce luxe affligeant s’applique à ce que l’on nous montre chaque année à Cannes : ridicule défilé de stars emperlousées remontant le tapis rouge. Tous les clichés sexistes s’y retrouvent. Il peut y avoir de très beaux films en compétition mais on ne parle pas de cinéma en réalité pendant le festival, on n’entre en rien dans le cœur de ce qui fait un film. Tout comme le spectacle de sportifs surpayés pour mettre en scène leurs performances et gérer leur carrière. Je fuis ces univers parce qu’ils me repoussent, je fuis ces univers parce qu’ils sont totalitaires et écrasent ce qui pourrait être plus largement partagé partout : une chanson qui retrouverait sa place comme un art vivant du quotidien, un cinéma d’expression qui grâce aux nouveaux supports pourrait trouver sa diffusion jusque dans les campagnes, des pratiques sportives vraiment partagées et pas seulement sur le canapé d’un salon. Mais il faudrait que d’autres modèles économiques soient développés, qu’une politique culturelle puisse émerger. L’oppression Ces moments que les médias vont nous imposer pour éviter de parler du réel, du quotidien, de la vraie vie des gens ont toujours déclenché chez moi, de façon intuitive, un sentiment d’oppression. Adolescent déjà je ressentais cela. Mes copains parlaient de foot, j’étais sommé de préférer une équipe. Pourquoi ? Je ne comprenais vraiment pas l’intérêt de brandir des banderoles, d’acheter des vignettes de joueurs, de perdre du temps à hurler devant un écran. Ce sentiment s’est d’autant plus renforcé au fil du temps qu’en vieillissant j’ai vu à quel point il est relié au nationalisme. Les hymnes nationaux n’ont pour moi rien à faire lors des rencontres sportives. Je ne sais pas si on les joue à l’Eurovision mais je sais qu’on y brandit des drapeaux. Les dérives puantes et trop fréquentes que l’on observe au cours ou à la sortie des matchs ne montrent pas le meilleur de l’humanité. Ce besoin d’en découdre, de hurler ensemble contre d’autres, cela m’effraie plus qu’autre chose. Ce n’est pas la France qui a gagné ou perdu telle compétition mais soit l’artiste, soit telle équipe. Et puis je préfère le bonheur de jouer avec élégance, l’esprit d’équipe, à celui de vaincre et de voir en l’autre un ennemi. Je pense toujours à la chanson de Léo Ferré. Ces mains bonnes à toutMême à tenir des armesDans ces rues que les hommes ont tracéesPour ton bienCes rivages perdusVers lesquels tu t'acharnesOù tu veux aborderEt pour t'en empêcherLes mains de l'oppressionRegarde-la gémir sur la gueule des gensAvec les yeux fardés d'horaires et de rêvesRegarde-là se taire aux gorges du printempsAvec les mains trahiePar la faim qui se lèveCes yeux qui te regardentEt la nuit et le jourEt que l'on dit braquésSur les chiffres et la haineCes choses \"défendues\"Vers lesquelles tu te traînesEt qui seront à toiLorsque tu fermeras les yeux de l'oppressionRegarde-la pointer son sourire indécentSur la censure apprise et qui va à la messeRegarde-la jouir dans ce jouet d'enfantEt qui tue des fantômesEn perdant ta jeunesseCes lois qui t'embarrassent au point de les nierDans les couloirs glacés de la nuit conseillèreEt l'Amour qui se lève à l'UniversitéEt qui t'envahira lorsque tu casserasLes lois de l'oppressionRegarde-la flâner dans l'œil de tes copainsSous le couvert joyeux de soleils fraternelsRegarde-la glisser peu à peu dans leurs mainsQui formerons des poingsDès qu'ils auront atteint l'âge de l'oppressionCes yeux qui te regardent et la nuit et le jourEt que l'on dit braqués sur les chiffres et la haineCes choses \"défendues\" vers lesquelles tu te traînesEt qui seront à toiLorsque tu fermeras les yeux de l'oppression. L’incompréhension Combien de fois ne me suis-je heurté à la surprise teintée de pitié ou de mépris. — Mais tu ne vois pas que c’est un simple divertissement ? Ne va pas chercher ce qui n’est pas. On me soupçonne même de mépriser la culture populaire confondue niaisement avec celle du fric qui s’est imposée. Les troubadours, les chanteurs de rue, celles et ceux qui prenaient la guitare dans les cafés, les gens qui chantent encore dans leur maison, dans les réunions amicales, le blues, le fado, le rap ou le rock ça c’est de la culture populaire et la poésie sait s’y frayer un passage. Tandis que non, il n’y a aucune poésie dans une chanson de l’Eurovision pas plus que dans une remise de prix à Cannes ou une coupe brandie au parc des Princes. L’opprobre fait partie du jeu et évite les questions qui dérangent. Je prends la liberté de dire ce que je ressens. Je ne cherche à convaincre personne mais mine de rien , ce ne sont pas juste des moments qui ne m’intéressent pas, ce sont pour moi des moments tristes pour l’expression, l’art, le geste sportif. Peut-être a-t-on besoin de Mac Do pour savoir reconnaître ce qu’est un vrai restaurant. L’ennui c’est que Mac Do ça fait grossir, ça déforme le goût par abus de sucre et je suis convaincu que ça contamine l’esprit. Alors non, sans ressentiment, peu importe si certains sont indisposés ou choqués, mais pas seulement parce que je n’apprécierais pas plus que ça, pas plus cette année que les autres, je ne suivrai ces événements qui constituent une forme d’aspiration par le vide. Tant pis si je ne sais pas rebondir dans les conversations à ce sujet. En général je me tais, je m’éloigne ou je sors de la pièce.",
  "title": "Ni Eurovision, ni Cannes, ni foot…",
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