Leila Duclos à Figeac, le feu a une fille
VincentBreton.fr
May 17, 2026
Ça manquait de filles dans cette histoire. Pour clore le Fi’Jazz 2026, Leila Duclos, bien entourée, est venue nous montrer sa voix aux circonvolutions épatantes. Bercé au scat d’Ella Fitzgerald dont j’ai la chance de posséder des trente trois tours des années cinquante, je me dis que la relève est sans nul doute assurée, roboratif ! Berceau manouche La fille du feu est aussi celle du guitariste Cyril Duclos. La filiation assumée n’exclut pas l’émancipation et l’affirmation d’une personnalité qui sait où elle va. Django Reinhardt l’inspire encore, mais elle n’est pas qu’une interprète puisqu’elle imagine à son tour de nouvelles créations. Giovanni Mirabassi, Jean Philippe Bordier, Gilles Coquard et Jean Marc Robin font plus que l’accompagner. Le Quintet (ou quintette) a du souffle. Des envolées, de la rêverie, de la poésie, le public a su la suivre dans des ambiances où la vélocité ne refuse rien à l’intimité. L’artiste sait attraper la salle par le rythme et par le bout du cœur. Son charisme personnel enlève le tout avec grâce. Qu’elle visite des standards connus ou propose sa vision des choses, on accroche ! Et si les grands textes venaient à sa voix ? Je chipote. Pourtant, les textes ne sont pas toujours à la hauteur de la musicienne. Il m’a manqué des textes qui seraient puisés chez les poètes ou qui oseraient un rien de subversif. Ce n’est pas un reproche, c’est affaire de personnalité. Elle n’est pas la seule et c’est vrai qu’il faut trouver un équilibre pour que le texte ne domine ni la voix, ni la musique. Au demeurant, c’est souvent un des problèmes du jazz dont nombre de textes, si on les lit à plat, sont souvent très bêtes et ne tiennent que parce qu’ils prennent place dans un morceau. Rangeons ça. Sur scène ! Conclusion provisoire. Le festival va fermer ses portes. C’était la cinquième édition pour un Fi’Jazz qui je l’espère trouvera à se prolonger. Rien n’est jamais sûr en ces temps maudits pour la culture. Le jazz s’il peut se consommer en ondes ou numérisé, est bien meilleur sur scène. Il est fait pour être vivant, pour éviter d’être aseptisé. Il est fait pour que d’une scène à l’autre le même morceau vive et se transforme, il est fait de la relation, de l’échange entre les musiciens et avec le public. Car à la différence du public policé des salles de concert classique, on attend du public des salles de jazz qu’il sache réagir en concert, qu’il soit attentif dans la dynamique d’un bel échange réciproque !
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