Hantavirus ou Ebola ? L’indécence des médias
VincentBreton.fr
May 22, 2026
Ce n’est pas nouveau. Ça n’en est pas moins une honte. La façon dont les médias ont traité le sujet de l’hantavirus était déjà problématique. La couverture concernant la nouvelle épidémie d’Ebola est une indignité. Visiblement ça ne trouble pas grand monde. L’Afrique c’est loin On a « l’habitude » des épidémies. Et puis Ebola, on connaît déjà. Ça se passe où déjà ? C’est si loin, difficilement accessible, il y a des conflits armés, pas facile d’envoyer des équipes. Les chiffres sont déjà conséquents. Les risques de persistance et de développement de l’épidémie sont avérés, mais on ne va pas faire de direct là-bas… Ah, si seulement ils avaient fait une croisière…. Avec l’Hantavirus on pouvait facilement identifier les victimes, recueillir les témoignages. Le gouvernement s’est saisi de l’affaire immédiatement. On s’est rappelé la COVID avec presque une pointe de nostalgie pour certains qui regrettaient « le bon temps » du confinement. Mais là bas ? Combien de morts déjà ? 91 ? Plus ? Qui ? Que dit l’OMS ? Que c’est une grave crise, une urgence de santé internationale. Oui, mais nous on a le prix de l’essence, le festival de Cannes… On va pas se culpabiliser hein Toujours cette condescendance, ce mépris néo-colonialiste, cette absence d’empathie, ce sous entendu qu’après tout, tout ça, c’est pas par hasard. Toujours cet espoir secret que ça ne vienne pas jusqu’à nous et que si on les laisse dans leur misère, loin des yeux, loin du cœur ils sombreront sans bruit dans leur malheur. Il ne faut pas gratter longtemps pour entendre l’un ou l’autre dire que si « on » (ou d’autres européens) était restés là-bas, il y aurait des hôpitaux, des infrastructures… De rares réactions J’ai trouvé une chronique de France Inter qui évoque le double standard. Trois minutes. Un autre article sur Saimondy éclaire sur les enjeux géopolitiques et démontre que la santé est aussi un moyen de pression exercé par les grandes puissances sur des territoires aux richesses hautement convoitées. Je n’ai pas entendu en France de réaction de politiques, ou alors très discrètes à ce jour. Interreliés On zoome sur un fait, on passe au suivant. Rares sont les médias capables de prendre du recul, d’analyser les liens de façon systémique. Dans une société de la communication dont l’axe premier est le commentaire, le bavardage domine l’action. Personne ou presque ne vient souligner que les logiques d’affrontement et de compétition nous aspirent vers de nouvelles promesses de catastrophes. Le sentiment d’impuissance pourrait nous tétaniser, le ressentiment ne nous aidera pas à nous dépasser. Tout cela n’est pas nouveau n’est-ce pas ? Pendant ce temps le journal du matin faisait large part au retour du « beau temps ». Un des journalistes s’en félicitait. Oubliant l’anormalité d’une situation qui au printemps va nous conduire à friser des températures caniculaires. Comme si c’était juste le hasard et que ce n’était pas si grave…
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