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"publishedAt": "2026-06-02T20:52:59.323Z",
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"L'avis de la Régie",
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"Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec"
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"textContent": "Première de trois tribunes sur le tout premier plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE) du Québec dont l'adoption, initialement prévue pour le 1er avril 2026, a été reportée. Voir la liste des signataires ci-dessous. Voir aussi : PGIRE 2. Le gaz naturel, l'éléphant dans la politique énergétique du Québec et PGIRE 3. La sobriété, voie de passage de la transition énergétique.\n\nMouvement écocitoyen UNEplanète\nCoalition de groupes citoyens et de personnes pour le climat et la biodiversité.\nPublié le 25 mai 2026\n\nLe 25 mai 2026 — À l'exception des spécialistes et des militant·es très vigilant·es, la société civile a, en pratique, été écartée de la réflexion sur l'avenir énergétique du Québec. Des fonds publics dilapidés dans la filière batterie au volte-face en faveur des centres de données, du projet de doublement des capacités d'Hydro-Québec à l'envahissement du privé et à l'introduction surprise du nucléaire et de l'hydrogène bleu parmi les options envisagées : la population est réduite au rôle d'observatrice impuissante des stratégies que le gouvernement improvise en série pour propulser un développement industriel irréfléchi. L'élaboration du tout premier plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE) du Québec aurait dû servir à corriger cette anomalie.\n\nAttendu le 1er avril 2026 en vertu de la Loi 24 (PL 69), le dépôt du PGIRE a déjà été reporté « de plusieurs semaines ». Nous croyons que ce délai devrait être prolongé de plusieurs mois afin d'assurer la robustesse scientifique, sociale et économique du plan tout en observant les processus démocratiques qui lui conféreraient sa légitimité.\n\n**Des choix pour longtemps**\n\nSorte de GPS collectif, le PGIRE guidera nos choix énergétiques pour 25 ans, avec des mises à jour tous les six ans. Les décisions qu'il inspirera à court terme auront des répercussions profondes et souvent irréversibles à long terme. C'est sans doute pourquoi la Loi 24 exige que le ministre « _consulte la population » et « soumette le plan à la Régie de l'énergie afin qu'elle donne son avis_ ». Or, l'examen des documents publiés en lien avec ce plan — soit le Rapport préliminaire du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie (MEIE), les avis et mémoires transmis à la Régie de l'énergie et enfin, l'avis que la Régie a émis en réponse au Rapport préliminaire du MEIE — révèle que le MEIE a failli à ces obligations. Il démontre aussi qu'à moins de réorientations majeures, le MEIE engagera le Québec vers des choix risqués pour sa décarbonation, sa sécurité énergétique, la santé du territoire, l'abordabilité de l'énergie et le climat social.\n\n**Une information fragmentaire et orientée**\n\nL'avis de la Régie sur le Rapport préliminaire du MEIE est implacable : en termes polis, il invite carrément le MEIE à refaire ses devoirs. Des experts ne sont guère plus tendres. Parmi eux, le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie de HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, juge que le Rapport préliminaire du MEIE « _n'est pas le document sur lequel la Régie de l'énergie devrait se pencher selon la loi, puisqu'il n'est pas un plan_ » . Normand Mousseau, directeur scientifique de l'Institut de l'énergie Trottier à Polytechnique Montréal, observe que le Rapport préliminaire « _semble ignorer les économies, les gains potentiels directs ainsi que les retombées économiques de la transformation du système énergétique_ ». LeRegroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec dénonce que « _ni les experts dont la Régie a retenu les services ni les participants au processus de consultation ni la Régie elle-même n'auront accès au PGIRE avant qu'il ne soit soumis à l'approbation du gouvernement_ ». Le PGIRE demeure donc une boîte noire qui, à moins de revirement imprévu, placera encore une fois la population devant le fait accompli.\n\n**Les valeurs absentes du débat**\n\nNos choix énergétiques sont indissociables de nos choix de société. La décarbonation est-elle un impératif de sécurité publique et de justice intergénérationnelle ou un prétexte à l'escalade industrielle et numérique ? La surconsommation et la mobilité extrême sont-elles des valeurs cardinales ? L'énergie doit-elle enrichir des investisseurs ou garantir le droit à la chaleur et à la fraîcheur pour toutes et tous ? Ces questions fondamentales doivent faire l'objet d'un vrai débat public — et leurs réponses doivent orienter le PGIRE.\n**\nDes stratégies climatiques irréalistes, sans marge de précaution**\n\nLes scénarios du Rapport préliminaire visent une réduction d'au moins 80 % des émissions de GES d'ici 2050, par rapport à 1990, et la compensation des émissions résiduelles. Mais les moyens proposés pour y parvenir sont peu convaincants : absence d'effort crédible de sobriété, faible empressement à sortir du pétrole, détour troublant par le gaz naturel pour le camionnage, entêtement à privilégier le gaz naturel pour faire face aux pointes électriques, dépendance à des volumes illusoires de gaz renouvelable et à des technologies incertaines de séquestration du carbone, etc. Cette combinaison de cibles molles et de stratégies irréalistes laisse peu d'espoir quant à l'atteinte de la carboneutralité en 2050.\n\n**Se donner le temps de bien faire les choses**\n\nLes prétextes pour reporter l'adoption du PGIRE ne manquent pas, notamment la chaise musicale qui a placé trois ministres différents à la tête de son élaboration depuis l'adoption de la Loi 24, il y a onze mois. Le tout nouveau ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, Bernard Drainville, doit s'en saisir pour donner à la Régie de l'énergie le temps de jouer le rôle qui lui est dévolu selon la loi et lancer le débat de société si nécessaire et si largement réclamé, quitte à ce qu'un nouveau gouvernement reprenne la balle au bond après les élections d'octobre prochain.\n\nLes signataires représentent 21 organisations de la société civile engagées dans la transition énergétique efficace, respectueuse des écosystèmes, juste et démocratique :\n\nBruno Detuncq, Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ)\nAndré Bélanger, Fondation Rivières\nJean-Pierre Finet, Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEÉ)\nYolande Henry, Transition écologique La Pêche\nJean Paradis, Fondation Coule pas chez nous\nKarl Janelle, Coalition climat Montréal\nLucie Mayer, Action-environnement Basses-Laurentides\nMartin Legault, Mouvement d'action régional en environnement (MARE)\nStéphanie Pelletier, Mères au front\nMartin Poirier, Rimouski en transition\nClaudia Fiore-Leduc, Réseau québécois de l'action communautaire autonome, RQ-ACA\nCarol Saucier, Solidarité Gaspésie\nJacques Benoit, GMob (GroupMobilisation)\nLucie Sauvé, Collectif scientifique sur les enjeux énergétiques au Québec\nClaude Vaillancourt, Attac Québec\nSylvie Berthiaume, Solidarité Environnement Sutton\nChloée Guillette, Demain Verdun\nCarole Dupuis, Mouvement écocitoyen UNEplanète\nEmmanuel Cosgrove, Écohabitation\nJean-François Lefebvre, Imagine Lachine-Est\nValérie Desormeaux, Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)\n\n******\n\n## Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.\n\nChaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). 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"title": "PGIRE 1 : Le premier plan de gestion intégrée des ressources énergétiques du Québec ne doit pas être bâclé",
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