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  "textContent": "Avec la publication du rapport de Oui Québec sur la question de la souveraineté, nous sommes repartis pour une vague de mauvaise foi. On accuse l'organisation d'être noyautée par QS et de vouloir faire du sabotage au PQ. Cela crée une lassitude chez certains, dont je suis. Quel ennui de parler, encore, de comment on devrait faire l'indépendance. Dans un premier mandat ? En référendum ? Lors d'une élection référendaire ? Quand le moment sera le bon ? Sans arrêt, on s'interroge sur une stratégie pour réussir à gagner, comme on ferait une campagne publicitaire pour vendre un produit. Rarement, on se pose la question du pourquoi ?\n\nÀ la fin du Moyen-Âge, plusieurs auteurs ont écrit des utopies, comme Rabelais avec son Abbaye de Thélème et Thomas More avec son texte éponyme. Cette période historique a vu la création du concept de l'individu tel qu'on le connait aujourd'hui ; par ailleurs, on a repris le contact avec des sources antiques que l'on avait perdues, ce qui a permis, à terme, le développement des sciences, avec au premier plan, les mathématiques. Il serait peut-être le temps d'une refondation de la question de la souveraineté. Oui Québec parle d'une Révolution tranquille 2.0. De mon côté, je vais laisser les métaphores tristes de l'ère informatique et je vais me résoudre, une fois n'est pas coutume, à pondre un texte résolument optimiste.\n\n**Pourquoi voudrais-je que le Québec soit indépendant ? – une utopie du 21 e siècle.**\n\nFaire la souveraineté pour vivre dans une société exactement identique à la nôtre et dans un système économique qui ne diffère en rien de celui du Canada m'apparait une perte de temps et d'énergie inconcevables. Je me permets de développer une perspective utopiste justement pour dépasser le débat prévisible sur les médias sociaux. Rappelons, une utopie est une construction imaginaire, une vision idéale qui n'existe pas dans la réalité et qui ne serait, probablement, pas possible sans certains aménagements, par exemple, le dépassement du capitalisme dans le cas qui nous occupe.\n\n**Faire l'indépendance pour l'écologie.**\n\nJ'imagine mon Québec comme un territoire où l'on utilise les énergies vertes, où l'on réduit la consommation de biens non durables et où l'on utilise majoritairement les transports en commun. On pourrait imaginer des services de taxis collectifs ou de minibus desservant régulièrement tous les petits villages de la province, des axes importants de trains pour les agglomérations plus importantes. Certains de ces moyens de transport pourraient fonctionner au biogaz, lequel favoriserait un recyclage d'une partie de nos déchets. Nous aurions besoin de beaucoup moins de véhicules. Un grand programme de réfection et d'entretien des habitations permettrait de réduire les dépenses en électricité, en plus de développer un parc de logements salubres. Toutes les sources d'énergie, le plus possible renouvelables, seraient socialisées pour bénéficier à la collectivité, mais aussi pour que personne ne se retrouve sans électricité parce qu'incapable de payer. On pourrait envisager de bâtir des serres dans chaque localité pour assurer, à l'année, la présence de fruits et de légumes frais dans un circuit court.\n\n**Faire l'indépendance pour lutter contre la pauvreté**\n\nOn pourrait penser un véritable système de redistribution de la richesse. Serait-ce par un revenu minimum garanti ou par une collectivisation de certains secteurs ? HA ! En utopie, les projets fonctionnent, donc mon objet n'est pas d'argumenter sur les applications de systèmes économiques, mais sur la création d'un monde idéal. Ainsi, je vois un pays où les besoins de base des humains sont comblés. Il n'y aurait pas d'itinérance, puisque chacun pourrait bénéficier d'un endroit pour vivre en sécurité, au chaud et à l'abri. Certes, il y aurait moins de penthouse à L'Île-des-Sœurs, mais plus du tout de campements sous les ponts. On pourrait avoir des épiceries en vrac et qui offrent des produits locaux à des coûts dérisoires, voire gratuitement, pour les produits de base, comme les laits (animaux ou végétaux), les œufs, les légumineuses, etc.\n\n**Faire l'indépendance pour briser l'isolement**\n\nJ'imagine des centres civiques où les gens pourraient, grâce à un système décentralisé, exercer leurs devoirs sociaux et politiques, en participant pleinement à la vie citoyenne : prendre ensemble des décisions pour nos communautés en fonction de nos besoins. Ces mêmes centres seraient aussi des lieux de rassemblement pour favoriser les contacts intergénérationnels et interculturels. Les enfants et les personnes âgées participeraient à la vie sociale sans subir la ségrégation habituelle (garderie, CPE, école et service de garde, maison des jeunes et maison pour personnes âgées) entre les personnes actives, celles qui travaillent et gagnent la vie et les autres, qu'on nomme passifs, lesquels sont, pourtant, notre passé et notre futur. Les personnes immigrantes vivraient à nos côtés et nous échangerions nos expériences respectives pour améliorer le vivre-ensemble. Imaginons des initiatives de cuisine collectives où chacun irait de sa spécialité : empanadas, pâté chinois, nouilles de printemps.\n\nLe français deviendrait la langue commune sans difficulté. Pourquoi ne pas penser des popotes roulantes pour s'assurer que nos ainés ou, aussi, les parents monoparentaux pourraient recevoir des repas nourrissants et santé pour leur famille. Vivre en communauté est bon pour la santé mentale, sans doute, la dépression et l'anxiété diminueraient énormément Faire l'indépendance pour la santé de la population.\n\nDans cette logique, où le stress de combler ses besoins de base n'existe plus, où les gens se sentent moins seuls, on pourrait penser à une perspective de santé publique préventive. En effet, se nourrir de bons aliments et en quantité suffisante, pouvoir dormir sans inquiétude et autant que l'on en a besoin ferait des merveilles pour prévenir les maladies chroniques. La présence de jardins collectifs, la possibilité de mobilité active, comme les Bixi, mais aussi le développement d'installations sportives accessibles et gratuites aideraient à garder les personnes en forme. Tous les soins pour favoriser la santé devraient être sans frais : dentistes, orthésistes, massothérapeutes, physiothérapeutes, etc.\n\nAinsi, on éviterait que les gens perdent leurs capacités et se retrouvent à l'hôpital. On ne verrait pratiquement plus de septicémie parce que l'on a négligé de faire soigner un abcès qui se transforme en empoisonnement du sang - un exemple d'hospitalisation évitable pour ne nommer qu'un cas -, ou de personnes qui sont surmédicamentées, car on aurait moins de gens isolés et on aurait aussi des services de santé de proximité. Cela suppose le contrôle des grandes pharmaceutiques et que les médecins redeviennent des employés de l'État et non des travailleurs et travailleuses autonomes quasi millionnaires.\n\n**Faire l'indépendance pour une éducation qui permette de développer son plein potentiel**\n\nL'école serait gratuite, non compétitive, et surtout n'aurait pas pour fonctions premières la conformité et la reproduction sociale. Les enfants changeraient d'année scolaire en fonction de leur maturité psychique et de leurs capacités. Ils évolueraient à leur rythme et sans jugement. Il y aurait plusieurs parcours possibles qui prennent en compte les aptitudes différentes des personnes. On ne considérerait pas qu'un élève qui est plus doué en langage qu'en spatialisation comme, plus ou moins, intelligent qu'un autre. Les facultés en mathématiques seraient vues comme équivalentes à celles des habiletés manuelles pour éviter de reproduire les hiérarchies sociales où le cuisinier est vu comme inférieur à l'ingénieure. On donnerait une éducation qui permette à chacune et à chacun de développer son plein potentiel. Les troubles de l'apprentissage ne seraient pas considérés comme des handicaps, mais comme d'autres formes d'organisation de la pensée. Les enfants apprendraient tôt à verbaliser leurs émotions et à développer leur empathie, pour favoriser une société moins violente et moins sexiste.\n\n**Faire l'indépendance pour habiter le territoire et le valoriser**\n\nJ'imagine faire la promotion d'un tourisme local. Les citoyens et citoyennes profiteraient tous de vacances annuelles et pourraient circuler sur le territoire pour voir la ville, pour voir le Nord, la forêt, la campagne. Pourquoi pas des échanges culturels ? Des gens du Centre Sud de Montréal qui vont passer du temps près de Sept-Îles ou de Mingan auprès des personnes des Premières Nations qui leur montreraient comment elles habitent la nature et comment elles circulent sur le territoire. En échange, on ferait avec des habitants des régions la tournée du marché Jean-Talon, des visites de musées et on irait écouter de la musique au Festival de jazz. Évidemment, il n'y aurait plus de réserves, car nous partagerions le territoire avec les Premières Nations dans un rapport d'égal à égal.\n\n**Faire l'indépendance pour valoriser et développer une culture commune**\n\nDans un Québec florissant de gens écologistes, mieux nantis, vivant en communauté, actifs et en santé, instruits et habitant véritablement leur territoire, nous pourrions développer une culture commune riche et variée dans laquelle les artistes qui l'animent pourraient avoir des conditions de vie décentes en pratiquant leur art. Nous pourrions connaitre nos auteurs et autrices, nos cinéastes et les artisans de toutes les formes d'expression. Fiers de notre culture, assurés de la pratique de notre langue française, nous serions prêts à recevoir les nouveaux arrivants, car nous n'aurions plus peur d'un grand remplacement. Au contraire, nous serions prêts pour un grand partage.\n\n***\n\nBeaucoup des idées que j'énonce apparaissaient sous une forme ou une autre dans l'ancien programme de Québec solidaire. Malheureusement, j'ai l'impression que sa nouvelle mouture, parce que tellement moins ambitieuse à plusieurs points de vue, est moins inspirante. On aura échangé un projet de société pour un guide -beige – d'accession au pouvoir. Faire un pays devrait permettre de créer un nouvel espace territorial, social et politique. Un nouveau pacte pour un meilleur vivre-ensemble. Pas seulement pour empêcher Carney de s'approprier le bonhomme Carnaval ou pour revendiquer l'invention du fromage en crottes.\n\n*****\n\n## Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.\n\nChaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.\n\nRemplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :\n\n##### Abonnez-vous à la lettre",
  "title": "Mon Québec n'est pas une marque de fromage",
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