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  "textContent": "Mesdames et Messieurs, membres du CORIM, chers invités,\n\nJe suis très heureuse d'être parmi vous aujourd'hui pour vous exposer ma vision et celle de Québec solidaire sur le rôle du Québec sur la scène internationale. Je souligne la présence de Roxane Milot, présidente de QS et candidate dans SMSJ. Roxane possède une solide expérience des enjeux internationaux, et contribue depuis longtemps à ces réflexions au sein de notre formation politique.\n\nEn ce qui me concerne, comme Québécoise d'origine palestinienne née au Liban, la géopolitique internationale n'a jamais été quelque chose d'abstrait.\n\nJe crois que mon parcours me permet de comprendre, de manière très concrète, les impacts humains, économiques et politiques des grandes transformations mondiales, ici comme ailleurs.\n\nIl n'y a pas si longtemps, les enjeux internationaux occupaient une place plus secondaire dans les débats publics au Québec. Depuis la guerre en Ukraine et encore plus depuis la guerre tarifaire de Trump, les bouleversements internationaux ont des impacts directs jusque dans le quotidien des gens.\n\nIl est donc normal que les questions internationales deviennent un enjeu électoral. Et je dirais même : c'est souhaitable.\n\nPour Québec solidaire, les questions internationales ont toujours occupé une place importante.\n\nD'ailleurs, dès 2019 nous avions critiqué la Politique internationale de la CAQ qui marquait surtout un virage économique et d'affaires. Pour nous, les délégations québécoises ne doivent pas servir uniquement à la représenta on économique ou au recrutement de la main d'œuvre à l'étranger. Le Québec a aussi besoin d'une représenta on culturelle et diplomatique forte.\n\nIl nous faut dépasser le simple réflexe de suivre Washington ou Ottawa. Nous avons besoin d'une politique internationale qui soit à la hauteur des valeurs de paix, de solidarité et de transition écologique portées par les Québécoises et Québécois.\n\nC'est ce dont je veux vous parler aujourd'hui.\n\n## BLOC 1 — L'ANXIÉTÉ GÉOPOLITIQUE ET SES EFFETS CONCRETS Ce que ressentent les Québécois\n\nLa guerre en Iran et les tensions dans le détroit d'Hormuz ont fait grimper le prix de l'essence.\nLa guerre tarifaire de Trump ajoute une pression supplémentaire sur les prix de nombreux produits du quotidien, y compris à l'épicerie.\n\nOn assiste aussi à la montée d'une droite, pour ne pas dire d'une extrême droite, qui remet en question les institutions multilatérales, les accords climatiques et les droits fondamentaux. Cette vague frappe les États-Unis, mais aussi plusieurs pays européens.\n\nNous avons un choix à faire : Est-ce que le Québec est condamné à subir le monde ou est-ce qu'il peut contribuer à le façonner ?\n\nMa réponse est claire, nous n'avons pas à nous incliner devant la fatalité.\nLe Québec peut et doit faire entendre sa voix.\n\n## BLOC 2 — LA DOCTRINE GÉRIN-LAJOIE : NOTRE BOUSSOLE Une tradition de personnalité internationale propre\n\nLe Québec n'a pas attendu qu'on lui donne la permission d'exister sur la scène internationale. Dès 1965, Paul Gérin-Lajoie posait les bases d'une doctrine fondamentale : le Québec a une compétence internationale dans les domaines relevant de sa juridiction interne. L'éducation, la culture, l'environnement — ces enjeux ne s'arrêtent pas à nos frontières.\n\nAu fil des décennies, nous avons développé un véritable réseau de représentations internationales et une tradition diplomatique dont nous pouvons être fiers.\n\nNous devons nous en servir pleinement pour défendre nos intérêts, parce que personne ne pourra jamais le faire à notre place.\n\n**La doctrine Gérin-Lajoie comme fondement solidaire\nQuébec solidaire veut aller plus loin. **\n\nJe crois que le Québec doit se comporter comme un véritable acteur international indépendant, sans attendre après Ottawa. Nous devons développer notre propre vision des alliances, de la coopération internationale et de la résolution pacifique des conflits.\n\nLe discours de Mark Carney à Davos, lorsqu'il évoquait la création d'un « bloc des pays de puissance moyenne » pour répondre à la guerre tarifaire lancée par Donald Trump, illustre à quel point le Canada se retrouve aujourd'hui dans une position de vulnérabilité stratégique envers les États-Unis.\nSa marge de manœuvre réelle est très limitée et cette dépendance a des conséquences directes pour le Québec. C'est ce qui arrive quand on dépend aussi fortement et depuis aussi longtemps d'un partenaire comme les États-Unis. Et cette dépendance limite le Québec qui ne siège pas à la table des grandes négociations internationales.\n\nNous devons réduire cette dépendance.\n\nL'Europe, l'Amérique latine, et l'Afrique francophone offrent au Québec d'excellentes possibilités de partenariats économiques, culturelles et économiques.\n\nMisons davantage sur ces relations.\n\nNous avons des affinités profondes avec plusieurs sociétés qui, comme nous, croient encore au multilatéralisme, au droit international et à la résolution pacifique des conflits.\n\n## BLOC 3 — NOS ALLIANCES, NOTRE VISION PACIFISTE Sur les investissements en défense\n\nIl est beaucoup question aujourd'hui des investissements dans la défense.\n\nQuébec solidaire a été très clair dès l'annonce par le gouvernement du Québec de vouloir participer à la nouvelle course au réarmement encouragée par Mark Carney : nous croyons qu'un débat public beaucoup plus large doit avoir lieu et qu'aucun argent public ne doit être utilisé à cette fin.\n\nJe comprends très bien qu'au premier regard, dans un contexte marqué par l'instabilité internationale et les tensions créées par Donald Trump envers ses alliés traditionnels, plusieurs pays ressentent le besoin de renforcer leurs capacités de défense.\n\nMais je vous pose une question simple.\n\nQuand les usines de guerre tourneront à pleine capacité, quand les entrepôts seront bien garnis, quand des pans entiers de nos économies dépendront de cette nouvelle logique...qu'est-ce qui se passera si la demande n'est plus au RDV ?\n\nEst-ce qu'on va simplement retirer nos billes et fermer les usines ?\n\nOu est-ce que l'offre finit toujours, d'une manière ou d'une autre, par créer sa propre demande ?\n\nEst-ce vraiment dans cet engrenage que nous voulons collectivement mettre le bras ?\nNous devons prendre le temps de regarder lucidement ce qui peut se trouver au bout du chemin.\nJe ne suis pas certaine que ce soit la paix.\n\nLe Québec a beaucoup mieux à offrir au monde.\n\n## BLOC 4 — L'ÉCONOMIE, LE LIBRE-ÉCHANGE ET LA TRANSITION Le libre-échange : une réflexion critique\n\nÀ Québec solidaire, nous croyons que les accords commerciaux doivent d'abord servir les peuples, et non limiter leur capacité à protéger leur économie, leur culture, leur environnement ou leur autonomie stratégique.\n\nC'est pourquoi nous avons toujours porté un regard critique sur les accords de commerce international qui manquent trop souvent de transparence et qui remettent parfois en question la capacité des États à protéger leurs intérêts collectifs.\n\nL'ACEUM comporte des forces, j'en conviens, mais aussi des limites qui nous rendent vulnérables et dépendants d'un seul partenaire dominant.\n\nLa guerre tarifaire actuelle démontre que nous avions raison de porter ce regard critique.\n\nCette crise nous rappelle l'importance, pour le Québec, de préserver et d'utiliser intelligemment les leviers stratégiques dont il dispose déjà, notamment son énergie propre.\n\nD'ailleurs, dès que Donald Trump a brandi les menaces tarifaires, Québec solidaire a proposé d'utiliser l'as que le Québec a dans sa manche – notre hydroélectricité exportée vers les États-Unis - comme levier de négociation.\n\n**La transition écologique de notre économie comme priorité**\n\nL'histoire nous a appris qu'à travers les crises émergent aussi des occasions de transformation.\nEn 2026, la transition énergétique n'est plus uniquement une nécessité climatique, c'est aussi un impératif stratégique pour notre sécurité énergétique et notre autonomie économique.\n\nOn le voit dans notre dépendance au pétrole. Tant que notre économie restera prisonnière des marchés pétroliers mondiaux, nous subirons les chocs géopolitiques et les flambées des prix. Quand bien même qu'Ottawa et Québec abolissaient toutes les taxes sur l'essence, les pétrolières ne se gêneront pas de profiter de la situation et conserveraient un immense pouvoir sur les prix. On ne sera pas plus avancés.\n\nLa transition énergétique n'est pas un luxe de temps de paix. C'est une nécessité stratégique et une question de résilience collective.\n\nD'ailleurs, en matière de transition, la compétition mondiale pour l'économie de demain est déjà commencée.\n\nAlors que les États-Unis de Donald Trump reculent, alors que Mark Carney appuie sur le frein et démantèle les avancées climatiques, le Québec doit à l'inverse appuyer sur le gaz de la transition économique.\n\nLes sociétés qui vont tirer leur épingle du jeu dans les prochaines décennies seront celles qui feront preuve de leadership, d'innovation et de vision. Pas celles qui suivront le mouvement des reculs climatiques et énergétiques.\n\nUn gouvernement solidaire choisira de saisir pleinement cette occasion historique qu'est la transition écologique de notre économie.\n\n## CONCLUSION — ASSUMER NOTRE DIFFÉRENCE\n\nVous l'avez vu, Québec solidaire propose quelque chose de différent : un Québec acteur de son destin sur la scène internationale, guidé par des valeurs de paix, de solidarité, de justice climatique et de respect du droit international.\n\nUn Québec qui connaît ses alliances, qui choisit ses partenaires, qui parle avec sa propre voix et qui aspire un jour à occuper pleinement sa place parmi les nations.\n\nFace aux grands bouleversements géopolitiques qui redessinent le monde, face aux incertitudes et aux anxiétés qu'ils provoquent, nous devons défendre nos intérêts avec confiance, lucidité et avec notre spécificité québécoise.\n\nParce que le Québec a beaucoup à offrir au monde.\n\nEt je crois sincèrement que le monde a aussi besoin de ce que le Québec peut apporter.\n\nMerci.\n\n*****\n\n## Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.\n\nChaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). 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