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    "politique de sécurité du gouvernement Carney",
    "François Legault a soutenu que l'économie du Québec pourrait se relancer en s'intégrant à la filière de l'industrie militaire"
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  "textContent": "Le Canada a été choisi pour accueillir le siège social de la future Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience (Banque DSR), un nouvel outil financier multilatéral visant à accroître les dépenses militaires des pays membres. Il reste maintenant à déterminer quelle ville — parmi Montréal, Ottawa, Toronto et Vancouver — sera retenue pour l'héberger. Les autorités municipales et les gouvernements provinciaux concernés se sont aussitôt mobilisés pour défendre leur candidature. Au Québec, le gouvernement de la CAQ, la mairesse de Montréal, les partis d'opposition à l'Assemblée nationale et les organisations patronales ont tous exprimé le souhait que cette banque s'installe à Montréal.\n\n## Quels sont les objectifs de cette Banque de défense ?\n\nLa Banque de défense a pour mission de faciliter le financement à faible coût des initiatives d'investissement dans l'ensemble des chaînes d'approvisionnement militaires et de la recherche en matière de sécurité. Ce financement profitera à la fois aux gouvernements membres et aux entreprises du secteur de la défense. L'objectif est de créer une institution capable de lever des milliards de dollars pour financer des projets de défense et de remilitarisation de l 'économie. Ce sont d'abord les pays d'Amérique du Nord, de l'Union européenne et les membres de l'OTAN qui entendent ainsi faciliter leurs investissements militaires dans le cadre de leur course aux armements face à des puissances comme la Chine et la Russie.\n\n## L'invitation de cette banque au Canada s'inscrit dans la politique de sécurité du gouvernement Carney\n\nLe Canada s'est engagé à atteindre dès 2025-2026 le seuil de 2 % du PIB exigé par l'OTAN, avec l'ambition de porter ces dépenses à 5 % du PIB d'ici 2035, soit environ 150 milliards de dollars par an et plus de 500 milliards sur une décennie. Ces investissements visent à moderniser l'armée canadienne en acquérant de nouveaux équipements : navires, avions, sous-marins, drones, radars et technologies de surveillance.\n\nLe gouvernement Carney entend par ailleurs réduire sa dépendance aux achats militaires américains en accordant 70 % de ses contrats à des entreprises canadiennes d'ici dix ans, contre seulement 29 % actuellement. Les secteurs de l'aérospatiale, de la cybersécurité et des technologies de défense sont appelés à croître significativement, et des entreprises comme Bombardier, CAE et les Chantiers maritimes Davie sont bien positionnées pour en bénéficier.\n\nPour concrétiser ces ambitions, le Canada a obtenu le siège social de la nouvelle Banque DSR, dont la charte a été négociée à Montréal en avril 2026 avec une vingtaine de pays alliés. Cette institution multilatérale offrira un financement à long terme et à faible coût pour soutenir les industries de défense des pays membres, comblant des lacunes critiques dans les chaînes d'approvisionnement militaires que les marchés privés ne financent pas aisément.\n\nCette stratégie s'inscrit dans un contexte de réarmement généralisé des pays de l'OTAN face aux tensions internationales : guerre en Ukraine, rivalités sino-américaines et pressions de l'administration Trump. Le Canada entend ainsi assumer une part croissante du fardeau collectif de la défense occidentale.\n\n## Pourquoi les partis politiques souhaitent-ils l'installation de cette banque ?\n\nLa compétition est vive, notamment entre Montréal et Toronto, et les motivations politiques sont multiples. L'enjeu est aussi économique : le siège social de cette banque pourrait générer jusqu'à 3 500 emplois.\n\nSur la scène fédérale, la question divise les libéraux eux-mêmes : les députés québécois appuient Montréal tandis que leurs homologues ontariens se rangent derrière Toronto, plaçant le premier ministre Mark Carney devant une décision politiquement délicate.\n\nEn Ontario, Toronto défend l'argument qu'elle offre une stabilité politique et une fiabilité mondialement reconnues. Les promoteurs torontois vont jusqu'à évoquer la promesse référendaire du Parti québécois comme un facteur d'instabilité économique et politique susceptible de nuire à Montréal — argument que le gouvernement du Québec et les partis politiques québécois qualifient unanimement d'« arguments de peur ».\n\n## Refuser d'aborder le fond de la question pour mieux esquiver le débat\n\nLes militantes et militants qui rejettent la thèse voulant que la relance de l'économie passe par les investissements dans les industries militaires se doivent également de rejeter l'implantation d'une Banque de défense pilotée par les pays de l'OTAN. Toutes celles et ceux qui font de la lutte aux changements climatiques et la protection de la biodiversité leur combat principal ne peuvent que s'opposer aux prises de position des partis politiques et des organisations patronales qui cherchent à attirer cette institution à Montréal. La métropole québécoise, qui a connu certaines des plus importantes mobilisations anti-guerre de la dernière décennie, ne peut pas, pas plus que le reste du Québec, devenir le siège d'une institution financière vouée à financer les industries d'armement. Soyons clairs : cette banque dite « de la défense, de la sécurité et de la résilience » a pour vocation d'augmenter les dépenses militaires des États membres.\n\n## Les partis politiques québécois s'inscrivent dans une logique militariste\n\nAu Québec, on fait valoir que Montréal est la seule ville canadienne à abriter le siège d'une agence spécialisée de l'ONU — l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) — et qu'elle accueille des dizaines d'organisations internationales, ce qui en ferait l'endroit idéal pour accueillir la Banque DSR.\n\nHormis Québec solidaire, les partis politiques québécois ont dans l'ensemble défendu la politique de défense de Carney et accueilli avec enthousiasme la perspective de l'installation de cette banque à Montréal. François Legault a soutenu que l'économie du Québec pourrait se relancer en s'intégrant à la filière de l'industrie militaire, tandis que la première ministre Christine Fréchette a salué son collègue de l'Économie, Bernard Drainville, qui a déclaré faire de l'obtention d'une part des hausses de dépenses militaires fédérales l'une de ses priorités.\n\nLe Parti libéral du Québec s'est joint à ce concert sans hésiter à reprendre à son compte la rhétorique ontarienne, selon laquelle la perspective d'un référendum créerait un climat d'instabilité préjudiciable à la candidature de Montréal.\n\nLe Parti québécois, pour sa part, appuie la candidature de Montréal et rejette avec véhémence l'utilisation de la promesse référendaire comme argument défavorable. Cela n'a rien de surprenant pour un parti qui souhaite qu'un Québec indépendant puisse adhérer à l'OTAN. Le député péquiste Pascal Paradis a qualifié d'hypothétiques et non fondés les arguments sur l'instabilité que créerait la tenue éventuelle d'un référendum.\n\nQuant à Sol Zanetti, de Québec solidaire, il n'a pas abordé lors de son point de presse la signification et les conséquences réelles de l'installation de la Banque DSR. Il s'est contenté de réfuter les arguments ontariens, soulignant que l'instabilité, les Québécoises et Québécois la vivent déjà, le fédéralisme les privant du pouvoir de prendre leurs propres décisions.\n\n## Opposer à la venue de la Banque de défense la nécessité d'un financement massif de la lutte aux changements climatiques\n\nOn aurait pu espérer que le porte-parole de Québec solidaire oppose à la venue d'une banque destinée à nourrir les investissements militaires la mise sur pied d'une institution vouée au développement des énergies renouvelables, à la lutte aux changements climatiques et à la protection de la biodiversité. C'est précisément l'absence d'une telle institution multilatérale, dotée d'une capitalisation massive, qui alimente régulièrement les débats dans les sommets climatiques internationaux comme la COP, où les grandes puissances refusent de reconnaître leurs responsabilités dans le dérèglement climatique et de fournir les investissements adéquats aux pays du Sud — ceux-là mêmes qui subissent de plein fouet les conséquences d'une crise dont ils ne sont pas responsables.\n\n## Une capitulation collective face à la logique de guerre\n\nCe qui frappe dans ce débat, c'est moins la compétition entre Montréal et Toronto que l'absence quasi totale de remise en question de la logique qui la sous-tend. Les partis politiques québécois — CAQ, PLQ et PQ en tête — et les organisations patronales comme le Conseil du patronat et les chambres de commerce ont choisi de s'engouffrer dans la course aux retombées militaires sans jamais poser la question fondamentale : est-ce vraiment le type d'économie que le Québec veut construire ?\n\nEn se battant pour accueillir la Banque DSR, ces acteurs valident implicitement le virage belliciste du gouvernement Carney, abandonnant toute prétention à une vision économique alternative. Ils transforment Montréal — ville qui s'est longtemps distinguée par ses mobilisations pour la paix — en candidate enthousiaste au statut de capitale financière du réarmement occidental.\n\nQuébec solidaire, de son côté, plutôt que de proposer une contre-offensive politique claire — exiger, par exemple, la création d'une banque multilatérale dédiée au financement de la transition climatique —, son porte-parole a préféré s'attarder sur les arguments procéduriers du fédéralisme, esquivant le fond d'un débat pourtant crucial.\n\nLe véritable enjeu n'est pas de savoir si c'est Montréal ou Toronto qui abritera cette institution. C'est de refuser collectivement qu'une banque dédiée à financer la course aux armements s'installe au cœur de nos villes, pendant que les fonds nécessaires à la lutte contre la crise climatique continuent de manquer cruellement. Face à ce choix de société, le silence complice des partis établis et le ralliement empressé des milieux d'affaires constituent une abdication politique dont les générations futures paieront le prix.\n\n*****\n\n## Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.\n\nChaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.\n\nRemplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :\n\n##### Abonnez-vous à la lettre",
  "title": "L'accueil de la Banque de la défense au Canada, des milliards pour les armes, des miettes pour le climat",
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