{
"$type": "site.standard.document",
"bskyPostRef": {
"cid": "bafyreie2rni6mu3u4kpjypj3r34nbt7pgpafm6r7nxmoq42xcn3ubcgfhq",
"uri": "at://did:plc:n5dz7g64lvqzdqwlshkymxw3/app.bsky.feed.post/3mlocz5yf7rf2"
},
"coverImage": {
"$type": "blob",
"ref": {
"$link": "bafkreibfdncflxdttesao7nalsz5qo7fffzp4hrrdtmfveoijzkayroqva"
},
"mimeType": "text/html; charset=utf-8",
"size": 13619
},
"path": "/Front-unique-antifasciste-international-contre-qui",
"publishedAt": "2026-05-12T17:32:11.098Z",
"site": "https://www.pressegauche.org",
"tags": [
"https://europe-solidaire.org/spip.php?article78610",
"https://antifas2026.org/en/call/",
"https://links.org.au/first-international-anti-fascist-conference-political-victory",
"https://www.contretemps.eu/porto-alegre-2026-une-convergence-antifasciste-et-anti-imperialiste-entre-succes-inedit-et-obstacles-majeurs/",
"https://links.org.au/statement-international-call-strengthen-antifascist-and-anti-imperialist-action",
"https://antifas2026.org/en/porto-alegre-declaration-unity-against-fascism-and-for-the-sovereignty-of-peoples/",
"https://emanzipation.org/2022/11/putinismus-eine-neue-form-von-faschismus/",
"https://emanzipation.org/2023/05/dieses-regime-laesst-sich-nicht-weiterentwickeln/",
"https://www.cadtm.org/Porto-Alegre-2026-an-anti-fascist-and-anti-imperialist-convergence-between-unprecedented-success-and-major-obstacles",
"https://www.cadtm.org/Porto-Alegre-2026-une-convergence-antifasciste-et-anti-imperialiste-entre",
"https://antifas2026.org/en/program/",
"https://drive.google.com/file/d/1swk_obzKysI8_9CmTDaCZoCgEcvmdyUd/view?pli=1",
"https://www.instagram.com/p/DWmUuk_jlaf/?igsh=MXNtdXpzOGQ0ZGJ0OA%3D%3D",
"https://europe-solidaire.org/spip.php?article78468",
"https://www.gaucheanticapitaliste.org/dossier-quel-internationalisme-pour-lutter-contre-le-fascisme/",
"https://solidarity-us.org/three-general-characteristics-of-the-new-era-of-fascism/",
"https://aplutsoc.org/2026/04/07/porto-alegre-sur-un-bilan-dautosatisfaction-et-ses-limites/",
"https://lis-isl.org/en/2026/04/porto-alegre-antifascist-conference-conclusions-and-perspective/",
"https://www.ft.com/content/f85a5c80-6a06-4883-b784-223af5467f36",
"https://www.ft.com/content/4b8caca7-265d-4f34-ab6b-3a391520e6a2",
"https://www.ft.com/content/76a1ccb0-8534-4513-8fb5-5eb5e07773bd"
],
"textContent": "Du 26 au 29 mars, environ 4 000 personnes se sont réunies à Porto Alegre pour une grande conférence internationale contre la montée du fascisme dans le monde et contre l'impérialisme.[1]. Christian Zeller soutient que le contenu et les résultats de cette conférence ne suffisent pas pour construire un front antifasciste et anti-impérialiste global. Pour y parvenir, il est indispensable d'engager des processus de clarification politique.\n\n21 avril 2026 | tiré d'Europe solidaire sans frontières\nhttps://europe-solidaire.org/spip.php?article78610\n\nLa marche d'ouverture a rassemblé environ 7 000 personnes et a rappelé les mobilisations passées du mouvement altermondialiste et du Forum social mondial. Onze tables rondes thématiques, un forum réunissant des représentants·e·s de gouvernements et des parlementaires, ainsi que 150 activités auto-organisées ont eu lieu. Les participant·e·s et les représentant·e·s d'organisations venaient d'une quarantaine de pays.\n\nLa conférence a vu le jour grâce à la collaboration de différentes forces : le Parti pour le socialisme et la liberté (PSOL) dans le Rio Grande do Sul et le Parti des travailleurs (PT) de Porto Alegre, le Parti communiste brésilien (PCdoB), le Mouvement des sans-terre (MST), l'ONG Andes, la fondation « Lauro Campos et Marielle Franco », la Fondation Rosa Luxemburg et le Mouvement de la Gauche socialiste (MES, une tendance au sein du PSOL, membre de la Quatrième Internationale depuis 2025).[2] Le Comité pour l'annulation de la dette illégitime (CADTM) a établi des liens sur le plan international.[3] Un appel à la création d'un front antifasciste international a servi de support à la mobilisation pour cette conférence.[4]\n\nDes organisations importantes venues de toute l'Amérique latine, mais aussi de nombreux autres pays du monde, ont participé à la conférence, notamment les Democratic Socialists of America, France Insoumise (avec des parlementaires), le NPA-A (Nouveau Parti anticapitaliste), Attac, ainsi que des député.es du Parti des travailleur·euse·s de Turquie ; une délégation de près de 200 personnes venues d'Argentine (principalement du Movimiento Socialista de los Trabajadores, MST), des camarades d'Afrique du Sud ainsi que de la Socialist Alliance et de Green Left d'Australie.\n\nCette 1re Conférence internationale antifasciste a constitué un événement majeur.[5] Les organisateurs souhaitent lutter contre la paralysie qui règne actuellement au sein de la gauche. Ils encouragent l'organisation d'autres conférences antifascistes, par exemple en Argentine, en Europe et en Amérique du Nord. Cependant, les comptes rendus des participant·e·s à cette conférence, l'appel à la formation d'un front antifasciste international[6] et la déclaration finale de cette conférence[7] révèlent que les fondations posées à Porto Alegre ne sont pas suffisantes pour véritablement renforcer et rassembler la résistance antifasciste à l'échelle mondiale. L'appel lancé se limite à dénoncer la montée de l'autoritarisme et du fascisme en Amérique du Nord et du Sud ainsi qu'en Europe, et le génocide perpétré par Israël contre la population palestinienne. Le régime fasciste de Poutine,[8] qui non seulement agresse quotidiennement la population ukrainienne, mais soutient depuis de nombreuses années les mouvements d'extrême droite en Europe et dans le monde entier et s'appuie sur une répression extrême et la fragmentation de sa propre population, n'est même pas mentionné.\nLa déclaration finale réaffirme et renforce cette ligne malgré les critiques et les controverses. Elle dresse une liste avec plusieurs guerres et agressions impérialistes mais omet de manière frappante de mentionner tant la guerre menée par la Russie que la résistance ukrainienne.\n\nCette lacune a été voulue par les organisateurs. Éric Toussaint, porte-parole du CADTM, a expliqué dans un texte de bilan : « Si on avait cité l'agression impérialiste russe contre l'Ukraine, il est clair qu'une grande partie des forces de gauches latino-américaines, d'Amérique du Nord, certaines forces de gauches européennes ou asiatiques auraient refusé de signer. »[9] Les organisateurs ont donc délibérément et ouvertement déclaré préféré entretenir un partenariat avec des staliniens et des campistes réactionnaires comme Vijay Prashad plutôt que de rechercher l'unité avec les populations menacées par l'impérialisme russe ou chinois ou par la dictature en Iran. Si cela pourrait encore se comprendre d'un point de vue limité à Amérique latine, c'est toutefois une position erronée, cynique et à courte vue dans une perspective mondiale.\n\nLe fait que les représentant·e·s d'organisations ukrainiennes – l'organisation socialiste Sotsialnyi Ruch, la fédération syndicale FPU et le syndicat des travailleurs·euses indépendants·es et migrant·e·s – ainsi que les socialistes russes en exil n'aient pas été autorisé·es à prendre la parole lors des séances plénières centrales est révélateur du caractère politiquement limité et unilatéral pris de la conférence. Les organisateurs ont toutefois permis à Hossein Khaliloo, du Centre de dialogue Iman Al Mahdi, un représentant officieux du régime iranien au Brésil, d'exposer et de justifier ses positions lors d'une séance plénière de première importance en présence de membres dirigeant.es du PT, du PCdoB et du PSOL.[10] C'est inacceptable.\n\nGrâce au soutien du MES, de la Quatrième Internationale, de la LIS-ISL et du Réseau européen de solidarité avec l'Ukraine (ENSU/RESU), des forums auto-organisés et très fréquentés se sont tenus avec les camarades ukrainien.es et russes. L'ENSU/RESU a distribué aux participant·e·s de la conférence, avec l'invitation à la rencontre avec la délégation ukrainienne, une déclaration expliquant pourquoi la double solidarité avec la résistance ukrainienne contre l'armée d'occupation russe et les luttes des salarié·e·s contre le gouvernement néolibéral de Zelenski est importante.[11]Il était bien sûr judicieux que les petites délégations de socialistes ukrainiens et russes participent à la conférence, puissent présenter leurs positions devant un large public et nouer des contacts importants. Leurs bilans montrent à quel point il est important d'engager partout et en permanence la lutte contre les courants campistes et de la mener sans compromis.[12] Par ces interventions, les forces mentionnées ont démontré qu'il existe aussi un antifascisme et un anti-impérialisme qui ne conaît ni frontières ni limites.\n\nLa composition et l'orientation dominante de la conférence montrent toutefois que les critiques formulées avant celle-ci étaient justifiées. La Gauche Anticapitaliste de Belgique a mis en évidence, dans une brève prise de position, les aspects problématiques de la conférence, et je partage leur analyse.[13] L'organisation Solidarity aux États-Unis et le groupe français « Arguments pour la lutte sociale » ont également émis des critiques. En avançant des arguments similaires à ceux exposés ici, l'Union syndicale Solidaires de France a expliqué pourquoi elle n'avait pas participé à la conférence et pourquoi elle ne participerait pas non plus à l'avenir à des conférences sur cette orientation.[14]\nLa déclaration finale de la conférence manifeste que celle-ci vise un antifascisme et un anti-impérialisme purement sélectifs, bien qu'elle souligne de manière générale l'opposition à tous les impérialismes et revendique le droit à l'autodétermination de tous les peuples. Sur la base de cette déclaration finale, je soulève trois questions stratégiques essentielles qui dépassent les résultats immédiats de la conférence et qui sont décisives, surtout en Europe et probablement aussi dans plusieurs régions d'Asie, pour construire un front unique continental sans limites contre l'autoritarisme et le fascisme qui se renforcent sous des formes diversifiées.\n\n1. La déclaration finale stigmatise à juste titre les États-Unis et l'OTAN comme impérialistes et prend le parti des opprimé.es et de leur résistance dans plusieurs guerres et conflits. Il est bien sûr juste de renforcer la résistance contre l'impérialisme états-unien de plus en plus autoritaire et contre les gouvernements européens hypocrites qui soutiennent le génocide et la terreur quotidienne exercés par l'État d'Israël contre la population palestinienne. Cependant, tant l'invitation à la conférence que la déclaration finale réaffirment une vision géopolitique qui divise le monde en camps (campisme) et fait de la résistance à l'impérialisme des États-Unis et de ses alliés sa préoccupation exclusive. Elles ne font pas référence à la lutte défensive de l'Ukraine, elles ne prennent pas position non plus contre l'impérialisme russe. Ni l'appel ni la déclaration finale ne mentionnent en aucune manière le fait que l'administration Trump cherche à nouer une alliance stratégique avec le régime de Poutine et que ce dernier reconnaît en Trump un partenaire idéologique. La Russie et l'Ukraine sont délibérément omises dans ces documents. Dans la même logique, les déclarations passent également sous silence l'opposition démocratique en Iran.\n\nLa déclaration finale marque tout de même son opposition, même si cela reste vague à « tous les impérialismes ». Ce qui a d'ailleurs incité le PC do Brasil, qui ne s'oppose qu'à l'impérialisme américain, à exprimer une prise de position critique. De même, l'affirmation du droit à l'autodétermination pour tous les peuples reste une coquille vide lorsque, par exemple, l'Ukraine et Taïwan ne sont pas mentionnées, alors qu'une longue liste de luttes contre l'impérialisme des États-Unis est énumérée. Un front international antifasciste et anti-impérialiste sur cette base est impossible. Comment pouvons-nous rallier à un tel front les représentant·e·s des sociétés et des nationalités menacées et opprimées par la Russie ? Comment pouvons-nous rallier les populations en révolte en Iran si elles ont l'impression qu'une grande partie de la gauche internationale considère la dictature comme un interlocuteur légitime ? Comment serait-il possible de s'adresser à une grande partie de la population taïwanaise, qui souhaite préserver son État indépendant, sans dénoncer les intérêts impérialistes de la Chine ? Comment pouvons-nous rallier les populations musulmanes d'Asie centrale si la gauche nie, voire justifie, la répression exercée par l'État chinois contre la population ouïghoure ? Il va de soi qu'il est juste de se prononcer en faveur de la défaite des États-Unis et d'Israël dans la guerre contre l'Iran. Mais il est tout aussi juste de militer pour la défaite de la Russie, en solidarité avec la résistance ukrainienne.\n\n2. La déclaration finale ne formule pas la moindre critique à l'égard des gouvernements populistes dits progressistes d'Amérique latine. C'est pour cette raison que la confédération syndicale militante CSP-Conlutas (Central Sindical e Popular) n'a pas participé à la conférence. La Liga Internacional Socialista et le MST argentin ont formulé une critique similaire.[15] Le gouvernement Lula a pour objectif déclaré de faire du Brésil une superpuissance pétrolière mondiale. Il étend résolument l'exploration et l'exploitation pétrolières et poursuit systématiquement le pillage de la nature. Sa stratégie repose sur une alliance avec des secteurs clés du capital, au détriment des droits et de la participation des salarié·e·s, des pauvres et des peuples autochtones. Bien avant le coup d'État mené par les États-Unis contre Maduro, le Venezuela était déjà devenu un régime répressif qui bafoue les intérêts des salarié·e·s et des paysan·e·s. L'ancien gouvernement péroniste en Argentine a préparé le terrain pour la victoire du réactionnaire Milei avec sa politique antisociale. Un mouvement antifasciste large et démocratique ne peut se développer qu'en totale indépendance vis-à-vis de ces gouvernements qui ne sont que prétendument progressistes – mais liés à des secteurs clés du capital. Il doit partir sans compromis des intérêts de classe sociaux, politiques et écologiques des pauvres, des paysan.nes et des salarié.es.\n\n3. Il est tout simplement tragique et absolument impardonnable que la déclaration finale ne fasse aucune mention de la menace particulière que représentent le réchauffement climatique et le capital lié aux énergies fossiles. Ce n'est pas un hasard. Le gouvernement du PT au Brésil est lui-même étroitement lié au capital fossile de la société Petrobras et continue avec une grande détermination sur la voie du développement fossile.[16] Le gouvernement vénézuélien n'a pu se maintenir au pouvoir que grâce au contrôle et à la redistribution de la rente pétrolière. La déclaration finale évoque l'écocide de manière générale et non contraignante, sans exiger un abandon des énergies fossiles.\n\nUne sortie des énergies fossiles rendrait impossibles les perspectives de développement capitaliste des gouvernements dits progressistes et ne pourrait être mise en œuvre sans une expropriation du capital. La déclaration finale ne dit pas un mot non plus sur le fait que les stratégies répressives d'adaptation inégale et sélective au réchauffement climatique qui constituent une caractéristique centrale du nouveau fascisme.[17] Le déni face aux conséquences du réchauffement climatique est un élément central du nouvel autoritarisme et du fascisme. Sur le plan écologique, la déclaration finale n'est pas meilleure que les déclarations non contraignantes des conférences COP sur le climat, qui ne font qu'orchestrer le « retour de bâton fossile ». C'est extrêmement maigre et cela révèle que le « fossil backlash » ronge également la gauche. Le terme « écosocialiste » repris dans la déclaration se réduit à une formule creuse.\n\nIl est bien sûr évident que la situation politique en Amérique latine diffère de celle qui prévaut en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et ailleurs. Compte tenu de l'expérience historique et quotidienne de l'impérialisme des États-Unis et de son soutien, depuis des décennies, aux dictatures réactionnaires, il est tout à fait compréhensible que non seulement les organisations de gauche, mais aussi de larges pans de la population d'Amérique latine considèrent les États-Unis comme leur ennemi principal. Mais il est tout aussi évident que de larges pans de la population en Europe de l'Est et dans certaines régions d'Asie centrale perçoivent la Russie comme une menace ancienne. Le peuple ouïghour du Xinjiang est opprimé par l'État chinois et la population de Taïwan vit sous la menace d'une annexion de son île et de sa société par la République populaire.\n\nC'est délibérément que ces questions sont laissées dans le flou par la déclaration finale. Je n'affirme pas qu'il était erroné de participer à cette conférence. En revanche, il aurait été envisageable, par le biais d'une déclaration finale alternative – même si celle-ci était restée minoritaire –, de faire apparaître les questions litigieuses dans le débat international sur les défis à venir. Cela aurait également permis de jeter les bases pour de futurs événements et coopérations qui rassembleraient les forces désireuses de construire un mouvement antifasciste et anti-impérialiste global.\nTant que la gauche ne sera pas capable de partir, par principe, des intérêts des opprimé.es et des exploité.es, indépendamment de la formation de blocs géopolitiques et des constellations changeantes, elle ne sera pas en mesure de construire une alternative internationalement viable face à la montée de l'autoritarisme et du fascisme.\n\nComment construire un large front unique antifasciste alors qu'on ne sait même pas clairement contre qui ce front est dirigé ? Qui sont les ennemis ? Le large front antifasciste à construire doit-il se diriger exclusivement contre les dérives autoritaires et les forces fascistes en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, ainsi que contre l'impérialisme américain, Israël et leurs alliés impérialistes européens et océaniens, ou également contre la Russie fasciste, qui soutient depuis de nombreuses années les mouvements réactionnaires en Europe et ailleurs ?\n\nUn front unique antifasciste international est impossible tant qu'on ne sait pas clairement contre qui il doit se diriger. D'un point de vue plus fondamental, la question se pose de savoir s'il est stratégiquement et tactiquement judicieux de rechercher la coopération avec des forces qui ont manifestement une appréciation complètement différente des alliés et des adversaires, ainsi qu'une conception fondamentalement différente de l'organisation sociale souhaitée. Bien sûr, il peut être approprié, à certains moments, de conclure des alliances tactiques avec des forces très différentes telles que les sociaux-démocrates, les Verts, les libéraux et les conservateurs, ou encore la gauche « campiste », mais la construction d'un front unique stratégique présuppose un accord sur certaines questions centrales – à commencer bien sûr par celle de savoir qui sont réellement les adversaires et les partenaires. Une unité stratégique avec les staliniens et les campistes est impossible. Au contraire, il est important de construire une force alternative qui rompe avec ces composantes réactionnaires au sein d'une gauche de plus en plus en décomposition.\n\nJe salue expressément le projet d'organiser des conférences antifascistes régionales ou continentales. Celles-ci contribueraient à contrer la tendance, présente dans de nombreux pays, à sous-estimer la fascisation en tant que phénomène national. En Europe, une telle conférence devrait mettre à l'ordre du jour, de manière offensive, la vision d'un continent social et écologique, à la fois au-delà et contre l'UE, ainsi que contre les impérialismes nationaux.[18]Ce n'est qu'en réussissant à combiner, dans un esprit de solidarité mondiale, la sécurité sociale, écologique et militaire au sein de luttes concrètes que nous aurons une chance d'opposer à la fascisation ainsi qu'aux menaces fascistes internes et externes un projet alternatif de « bonne vie ».[19]\n\nCes conférences devraient être portées par des forces qui souhaitent, premièrement, résister à tous les impérialismes et fascismes ; deuxièmement s'organiser en totale indépendance vis-à-vis des gouvernements populistes et nationalistes (parfois qualifiés de progressistes) et des forces bourgeoises ; et troisièmement faire de la résistance contre le capital fossile et le réchauffement climatique, ainsi que contre l'adaptation inégale et sélective au réchauffement climatique et à ses catastrophes, telle qu'elle est imposée par les gouvernements, un axe central de leur activité. Sur cette base, nous devrions construire une unité aussi large que possible, incluant également des forces qui n'ont pas encore été atteintes jusqu'à présent.\n\n21 avril 2026\nChristian Zeller\n\n**Notes**\n\n[1] Call for Participation https://antifas2026.org/en/call/\n[2] Manuel Rodriguez Banchs, Penelope Duggan, Israel Dutra, Antoine Larrache, João Machado, Reymund de Silva et Eric Toussaint : The Anti-Fascist and Anti-Imperialist Conference in Porto Alegre : Great achievements, challenges and opportunities. 4 April 2026 https://fourth.international/en/latin-america/760 ; Israel Dutra : First International Anti-Fascist Conference : A political victory. LINKS, 5 April 2026. https://links.org.au/first-international-anti-fascist-conference-political-victory\n[3] Entretien avec Eric Toussaint : Contretemps 17 avril 2026 https://www.contretemps.eu/porto-alegre-2026-une-convergence-antifasciste-et-anti-imperialiste-entre-succes-inedit-et-obstacles-majeurs/\n[4] International call to strengthen antifascist and anti-imperialist action. LINKS, 21 January 2026. https://links.org.au/statement-international-call-strengthen-antifascist-and-anti-imperialist-action\n[5] Declaration of the Fourth International : Against Neo-Fascist Authoritarianism and All Forms of Imperialism. https://fourth.international/en/755\n[6]Voir note 4.\n[7] Porto Alegre Declaration : Unity against Fascism and for the sovereignty of peoples. March 29, 2026 https://antifas2026.org/en/porto-alegre-declaration-unity-against-fascism-and-for-the-sovereignty-of-peoples/\n[8] Budraitskis, Ilya (2022) : Putinismus : Eine neue Form von Faschismus. emanzipation 6 (2), S. 73–93. https://emanzipation.org/2022/11/putinismus-eine-neue-form-von-faschismus/ ; Budraitskis, Ilya (2023) : Dieses Regime lässt sich nicht weiterentwickeln. emanzipation - Zeitschrift für ökosozialistische Strategie 17. Mai 2023. https://emanzipation.org/2023/05/dieses-regime-laesst-sich-nicht-weiterentwickeln/.\n[9]Éric Toussaint : Porto Alegre 2026 : an anti-fascist and anti-imperialist convergence, between unprecedented success and major obstacles. CADTM, 10 April 2026 https://www.cadtm.org/Porto-Alegre-2026-an-anti-fascist-and-anti-imperialist-convergence-between-unprecedented-success-and-major-obstacles ; Éric Toussaint : Porto Alegre 2026 : une convergence antifasciste et anti-impérialiste entre succès inédit et obstacles majeurs. CADTM, 8 avril 2026 ; https://www.cadtm.org/Porto-Alegre-2026-une-convergence-antifasciste-et-anti-imperialiste-entre\n[10] Program of the 1st international anti-fascist conference for the sovereignty of peoples. March 26–29, 2026 – Porto Alegre, Brazilhttps://antifas2026.org/en/program/\n[11]ENSU/RESU : Antifascism must fight all tyrannies, 28 March 2026 https://drive.google.com/file/d/1swk_obzKysI8_9CmTDaCZoCgEcvmdyUd/view?pli=1\n[12] Oleksandr Kyselov : Instagram post. 1 April 2026. https://www.instagram.com/p/DWmUuk_jlaf/?igsh=MXNtdXpzOGQ0ZGJ0OA%3D%3D ; Alfons Bech : Notes on the First International Antifascist Conference of Porto Alegre A Step Forward for Anti-Campist Solidarity with Ukraine. 3 April 2026 https://europe-solidaire.org/spip.php?article78468\n[13]Quel internationalisme pour lutter contre le fascisme ?27 mars 2026 https://www.gaucheanticapitaliste.org/dossier-quel-internationalisme-pour-lutter-contre-le-fascisme/\n[14] Ivan Drury Zarin : Three general characteristics of the new era of fascism. Solidarity, March 28, 2026 https://solidarity-us.org/three-general-characteristics-of-the-new-era-of-fascism/ ;\nPorto Alegre : sur un bilan d'autosatisfaction et ses « limites » 7 avril 2026. https://aplutsoc.org/2026/04/07/porto-alegre-sur-un-bilan-dautosatisfaction-et-ses-limites/ ; Union syndicale Solidaires (France) : The European/International Network of Solidarity with Ukraine and its outreach to Latin America. 20 April 2026.\n[15] International Socialist League : Porto Alegre Antifascist Conference. Conclusions and perspective. 6 April 2026 https://lis-isl.org/en/2026/04/porto-alegre-antifascist-conference-conclusions-and-perspective/\n[16] Stott, Michael ; Pooler, Michael und Daniels, Joe (2025) : Why Latin America can't quit oil. Financial Times, November 6. https://www.ft.com/content/f85a5c80-6a06-4883-b784-223af5467f36 ; Mooney, Attracta ; Mychasuk, Emiliya und Pooler, Michael (2025) : Brazil's UN climate summit chief defends Petrobras oil expansion. Financial Times, July 4.https://www.ft.com/content/4b8caca7-265d-4f34-ab6b-3a391520e6a2 ; Pooler, Michael : Petrobras aims to transform Brazil into global energy power. South American nation set to join world's top crude producers by end of decade. Financial Times Weekend, November 19, 2023. https://www.ft.com/content/76a1ccb0-8534-4513-8fb5-5eb5e07773bd\n[17]Zeller, Christian (2026) : Zur Barbarei ? Klima, Krieg und ökosozialistische Dilemmata der Sicherheit. emanzipation - Zeitschrift für ökosozialistische Strategie 10 (1), S. 129-160.\n[18]Zeller, Christian (2024) : Eine kontinentale Gegenmacht gegen das fossile Kapital aufbauen. emanzipation - Zeitschrift für ökosozialistische Strategie 8 (2) 9. Oktober 2024, S. 197-226 ; Samary, Catherine und Zeller, Christian (2025) : Europäische Strategien : von den konkreten Erfahrungen ausgehen. emanzipation- Zeitschrift für ökosozialistische Strategie 8 (2), S. 227–246.\n[19] Zeller, Christian (2026) : Ökosozialistische Strategie der sozialen, ökologischen und militärischen Sicherheit. emanzipation– Zeitschrift für ökosozialistische Strategie 10 (1), S. 190–203.\n\n* * *\n\nP.-S.\nTraduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l'aide de DeepLpro",
"title": "Front unique antifasciste international – contre qui ?",
"updatedAt": "2026-05-12T12:50:03.000Z"
}