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  "textContent": "Christine Fréchette, la nouvelle première ministre du Québec, prétend incarner le changement. Cette prétention mérite d'être critiquée sans détour. En effet, comment prétendre représenter une rupture avec les politiques du gouvernement Legault quand on affirme vouloir gouverner au centre droit, prioriser la croissance économique en favorisant les entreprises privées — y compris dans les services publics —, reprendre pour l'essentiel l'architecture idéologique du gouvernement Legault sur le nationalisme identitaire et l'immigration, et ignorer, dans son discours présentant son conseil des ministres, toute référence à la crise climatique et à l'environnement ?\n\n**Comme première ministre : des premières initiatives clairement ancrées à droite**\n\nDepuis son entrée en fonction, elle a notamment promis d'augmenter le soutien aux PME. Mais, elle a décrit sa visite à Mark Carney comme la manifestation de sa volonté d'établir des liens de partenariat avec le gouvernement fédéral. La relation qu'elle entend tisser avec ce dernier est révélatrice de sa philosophie politique : elle a indiqué avoir discuté principalement d'économie et affirmé avoir besoin que le fédéral investisse dans l'industrie de la défense au Québec. Comme ce secteur est sur le fait de grandes entreprises, cette orientation s'inscrit dans la continuité directe du gouvernement Legault, qui a massivement subventionné les grandes entreprises, lequel a fait pleuvoir l'argent public sur de grandes entreprises comme Northvolt et qui aspirait à relancer l'économie du Québec grâce à la promotion de les industries de guerre du gouvernement Carney.\n\n**Un conseil des ministres : rebrasser les cartes pour défendre la même orientation politique**\n\nContrairement à ce qu'elle avait laissé entendre durant la course à la direction de la CAQ, il n'y a pas eu de régime minceur : le cabinet Fréchette compte 29 ministres, comme lors du dernier remaniement de Legault. Il demeure dans la zone de parité, mais tout juste.\n\nBernard Drainville, son rival dans la course, devient ministre de l'Économie et de l'Énergie — une concession nécessaire à l'aile la plus nationaliste du parti. Déjà, le nouveau ministre a indiqué que l'important, pour lui, est que le Québec obtienne sa juste part des investissements militaires envisagées par le gouvernement Carney.\n\nIan Lafrenière est nommé vice-premier ministre, cumulant ce poste avec celui de ministre de la Sécurité intérieure et des Relations avec les Premières Nations. Le fait que le vice-premier ministre soit aussi responsable de la sécurité intérieure constitue un signal politique fort : la priorité de ce gouvernement sera celle de la loi et de l'ordre, comme l'a déjà montré la série de lois et de projets de loi liberticides défendus par la CAQ ces derniers mois.\n\nFrançois Bonnardel, qui avait appuyé Fréchette durant la course, fait son retour comme ministre de l'Immigration et est nommé leader parlementaire — un choix qui témoigne d'une continuité assumée dans une politique d'immigration restrictive.\n\nSimon Jolin-Barrette est écarté de cette responsabilité, mais conserve la Justice et les Affaires constitutionnelles. Jean Boulet devient quant à lui responsable des Relations canadiennes. France-Élaine Duranceau (Conseil du trésor), Sonia Lebel (Éducation) et Sonia Bélanger (Santé) restent en place, comme piliers de la continuité tandis que Geneviève Guilbault est écartée du cabinet et a annoncé qu'elle ne se représentera pas aux prochaines élections.\n\nLe dossier de la santé mérite une mention particulière.L'entente de principe conclue avec les médecins spécialistes, annoncée la veille du dévoilement du cabinet, a permis à Christine Fréchette de réaliser un coup d'éclat médiatique en déclarant qu'elle respecte la capacité de payer des Québécois.\n\nOn verra ce qu'il en est. Mais il semble que les corps professionnels les mieux organisés — et les mieux rémunérés — du système public aient encore réussi à imposer leur volonté. Pendant ce temps, les travailleuses et travailleurs de la santé subissent intensification du travail, surcharge dans des milieux de travail de plus en plus détériorés.\n\nEn somme, comme le souligne Benoît Lacoursière, président de la FNEEQ–CSN :_« … ce gouvernement en fin de vie ne parviendra pas à faire du neuf avec du vieux en continuant d'imposer des lois liberticides et antisociales, d'appliquer ses politiques d'austérité aux réseaux et de sous-financer des infrastructures vétustes. »_\n\n**Le discours d'assermentation : une discours idéologique qui occulte une politique de classe**\n\nLe discours prononcé par Fréchette lors de la cérémonie d'assermentation est un modèle d'instrumentalisation sentimentale au service d'un projet conservateur. Elle s'est gargarisée de généralités sur la nécessité de bâtir l'avenir et d'avancer ensemble, et s'est félicitée de l'équipe solide qu'elle venait de former.\n\nElle a égrainé des propositions concrètes (facilitation de l'accès à la propriété, baisse des prix à la consommation, services de garde à prix réduits…) et d'autres plus ambitieuses, qui ont peu de chances d'être réalisées dans les quelques mois dont elle dispose (production de logements abordables, rénovation des écoles, augmentation de la production d'énergie). Mais elle n'a pas dit un mot sur l'environnement. La lutte aux changements climatiques est écartée par la bourgeoisie, elle n'est donc même pas évoquée.\n\n**La clause dérogatoire ou le mépris des droits des minorités** [1]\n\nAucun enjeu ne révèle plus clairement la nature profonde du projet politique de Christine Fréchette que son rapport à la clause dérogatoire. Cette disposition, en permettant d'interdire le port de signes religieux visibles à certaines catégories d'employé·es de l'État, ne touche pas tout le monde de la même façon. Une femme musulmane portant le hijab, un homme juif portant la kippa ou une personne sikhe portant un turban se voient concrètement exclu·es de pans entiers de la fonction publique, tandis que la majorité chrétienne, athée ou agnostique n'a rien à sacrifier.\n\nIl ne s'agit pas d'une égalité de traitement, mais d'une discrimination par effet préjudiciable, reconnue et interdite par le droit québécois et canadien des droits de la personne. Prétendre le contraire, c'est régresser vers une vision purement formelle de l'égalité que les luttes du siècle dernier avaient précisément dépassée.\n\nL'argument avancé par la CAQ — selon lequel il reviendrait à l'Assemblée nationale, et non aux tribunaux, de définir le modèle québécois de gestion de la diversité — est non seulement fallacieux, mais structurellement dangereux. Permettre à l'État d'être juge et partie dans l'évaluation de ses propres atteintes aux droits des minorités, c'est vider de son sens l'existence même des chartes et ériger en principe la tyrannie de la majorité.\n\n**L'environnement et la santé des travailleurs et travailleuses : le grand absent qui accuse — le dossier de la Fonderie Horne qui condamne**\n\nL'absence totale de référence à la lutte environnementale dans le discours d'assermentation n'est pas un oubli : c'est un choix politique. Et ce choix a déjà un visage concret : Rouyn-Noranda, la Fonderie Horne, Glencore.\n\nLa nomination de Pascale Déry à l'Environnement s'inscrit dans une orientation préoccupante : cette ministre a déjà indiqué vouloir s'inspirer de la ligne de Bernard Landry à ce ministère, marquée par un allègement des contraintes environnementales pour les entreprises.\n\nLe dossier de la Fonderie Horne, hérité de Legault et assumé sans hésitation par Chrtistine Fréchette, en est l'illustration la plus accablante. À peine au pouvoir, elle a confirmé que le projet de loi accordant à Glencore des délais supplémentaires pour atteindre ses cibles d'émissions d'arsenic serait adopté — malgré l'alerte lancée par 118 médecins de l'Abitibi-Témiscamingue sur les effets sanitaires documentés : bébés de faible poids, maladies respiratoires, cancers du poumon, espérance de vie réduite dans les quartiers ouvriers voisins.\n\nDans un contexte de dérèglement climatique accéléré, de crise de la biodiversité, ce silence et ces choix constituent une double trahison : envers les générations futures et envers les communautés ouvrières que ce discours prétend défendre. L'ouverture aux gaz de schiste signale en outre une volonté d'hypothéquer davantage le territoire et la santé publique pour des gains économiques à court terme.\n\n**Québec solidaire : la seule critique de gauche dans le champ politique partisan**\n\nLe PLQ, le PCQ et le PQ ont tous dénoncé le gouvernement de Christine Fréchette comme dépourvu de réelle légitimité et inscrit dans la continuité du gouvernement Legault.\n\nLe chef du PLQ a revendiqué la paternité de plusieurs idées reprises par Fréchette — télémédecine, soutien aux PME, recours au privé — suggérant un programme largement inspiré du Parti libéral du Québec.\n\nPaul St-Pierre Plamondon a, pour sa part, souligné les similitudes entre la CAQ et le PLQ, les accusant de proposer des politiques insuffisantes pour la pérennité linguistique et culturelle, tout en critiquant le bilan de Christine Fréchette qui aurait mené une politique trop ouverte à l'immigration.\n\nLe Parti conservateur du Québec d'Éric Duhaime a attaqué par la droite, estimant que les orientations caquistes rejoignent ses propres propositions : plus de privé en santé, réduction de l'État et baisse des impôts.\n\nSeul Québec solidaire a articulé une critique ancrée à gauche, féministe et écologique. Sur les féminicides, Ruba Ghazal a rappelé que « les symboles ne sauvent pas des vies » et exigé des mesures concrètes. Sur l'environnement, le parti a dénoncé l'ouverture aux gaz de schiste. Sur le coût de la vie, il a accusé la CAQ d'inaction prolongée et d'opportunisme politique.\n\n**Conclusion : un gouvernement de gestion de crise du capitalisme québécois**\n\nLe gouvernement Christine Fréchette ne marque pas un tournant, mais une adaptation. Face aux crises multiples — économique, sociale, écologique —, il cherche à stabiliser le système en renforçant le rôle de l'État comme gestionnaire des intérêts du capital. Derrière le discours de renouveau, c'est une offensive de classe qui se poursuit : austérité, privatisation, répression et abandon des enjeux écologiques.\n\nLe véritable clivage n'est pas entre les partis néolibéraux, mais entre les intérêts du capital et ceux de la majorité sociale. Et sur ce terrain, la continuité est totale.\n\n* * *\n\n[1] Voir, Louis-Philippe Lampron, _La démocratie ne se défendra pas toute seule_ , Écosociété, 2026, particulièrement le chapitre 5, _Protéger la digue des droits et libertés de la personne : l'insoutenable légèreté du mécanisme de dérogation aux droits._",
  "title": "Christine Fréchette première ministre : une continuité caquiste sous vernis de renouveau",
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