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  "textContent": "Introduction\n\nLa planète et l'humanité sont en danger. La crise climatique, l'appauvrissement de la population et les guerres imposées tant par l'impérialisme américain, Israel et la Russie, nous imposent en priorité la construction d'un réseau de solidarité internationale qui ne laisse personne derrière. La conférence antifasciste de Porto Alegre était donc d'une importance primordiale pour la gauche.\n\nElle a été organisée à l'initiative du MES-PSOL en alliance avec le Parti des travailleurs (PT) et le Parti communiste (PCdoB) de Porto Alegre, alliance qui s'est étendue aux mouvements sociaux (tels que le Mouvement des sans-terre - MST) et divers syndicats nationaux de travailleurs, tels que les syndicats des travailleurs de l'éducation, des métroviarios et d'autres catégories plus organisées au Brésil. Le comité organisateur de la Conférence antifasciste a décidé que l'invitation serait ouverte à toutes les organisations et groupes qui se revendiquent antifascistes dans un large spectre, et que toutes les positions présentes dans ce domaine auraient la possibilité d'intervenir et de débattre, ainsi que d'organiser des ateliers et d'autres activités, garantissant ainsi la participation et le respect mutuel entre tous les camarades présents à Porto Alegre.(1)\n\nJ'ai participé à cette conférence, au début avec une certaine appréhension, en considérant ces débats complexes. Dans quelle mesure est-il possible de construire un mouvement de riposte unitaire alors que la majorité des personnes qui organisaient cette conférence se situaient dans le courant qu'on appelle le campisme, c'est-à-dire le combat anti fasciste contre les ÉU et l'OTAN. Cette perspective mettait de côté la solidarité avec le peuple Ukrainien et la solidarité avec les dissidents russes emprisonnés ou exilés. Sans parler de la Chine qui, dans ce contexte, ne fait pas partie du décor.\n\nLe défi consistait pour le courant de gauche internationaliste auquel j'adhérais à élargir le débat politique et surtout à ne pas faire l'erreur qu'on reprochait à d'autres, de se camper dans nos positions. Cela a eu beaucoup de succès, grâce en bonne partie au travail du camarade Éric Toussaint. Cela permettait aussi de consolider et développer nos liens avec des camarades. Il faut aussi comprendre la source du campisme surtout pour la population d'Amérique du sud, aux prises avec l'impérialisme américain.\n\nJ'étais la seule personne du Québec à participer à cette conférence. Amir Khadir avait exprimé le désir d'y participer mais son agenda le limitait à une participation minimale. Lui et moi avons convenu de faire une rencontre virtuelle avec quelques camarades impliqués dont Éric Toussaint à mon retour.\n\nAlors que les forces progressistes des États-Unis, Democratic Socialist of America (DSA) et son caucus de gauche Bread and Roses, La France Insoumise, ainsi que la CUP de Catalogne, formations politiques avec lesquels QS a eu des liens était présent, ce dernier était absent de la conférence. C'est une erreur importante qui ne doit pas se répéter. À l'heure de la montée des groupes et des Partis d'extrême droite, Québec solidaire ne peut se cantonner dans une perspective qui se limite au Québec. Nous sommes au cœur d'une lutte entre les grandes puissances pour le contrôle de la planète. Si les combats doivent rejoindre les problématiques liées au capitalisme dominant au Québec, ils ne peuvent trouver de solution sans une lutte qui se situe dans perspective de lutte internationale.\n\nSous l'influence des secteurs « campistes » de la conférence, il n'y a eu aucune condamnation de l'invasion de l'Ukraine par la Russie de Poutine, ni de position claire sur la nature du régime dictatorial en Russie. Il s'agit là d'un problème grave et d'un obstacle potentiel à l'action commune avec les antifascistes de Russie et d'Ukraine. La Russie est sans aucun doute l'un des régimes qui se rapproche le plus du fascisme, tandis que le peuple ukrainien – et aussi le peuple russe ! – souffrent sous ce régime, confronté à la misère et à des centaines de milliers de morts. (2)\n\nPar contre il y a eu des ateliers autogérés dont un portant sur la situation en Ukraine et un autre dont j'ai été la personne responsable, concernant les dissidents russes. : Le combat de Boris Kagarlitsky pour la liberté des prisonniers politiques russes. Y participaient comme panélistes, Kseniia Kagarlitskaya la fille de Boris et Mikhail Lobanov militant russe qui a dû s'exiler.\n\nCet atelier, ainsi que celui organisé par les camarades ukrainiens, a permis de donner un point de vue qui dépassait la vision politique liée uniquement à l'impérialisme américain et permettait une ouverture sur la problématique globale du partage du monde entre l'impérialisme américain, la Russie et la Chine.\n\nGrâce au travail de plusieurs camarades dont principalement Éric Toussaint, la déclaration finale a été modifiée afin de lui donner une forme plus inclusive. La déclaration finale de la conférence résume les larges convergences qui ont rendu son organisation possible : un rappel des grandes mobilisations contre Milei, contre l'extrême droite en Grande-Bretagne, des mobilisations No Kings ! aux États-Unis, et la solidarité avec Cuba. Elle énonce également une série de revendications sociales, environnementales, antiracistes, féministes et LGBTIQ+, et bien sûr contre l'impérialisme. Elle affirme clairement : « Nous luttons contre tous les impérialismes et soutenons la lutte des peuples pour leur autodétermination, par tous les moyens nécessaires. » En particulier, la déclaration s'oppose au génocide en Palestine, aux attaques contre le Liban et l'Iran, ainsi qu'à l'invasion du Venezuela et aux menaces contre Cuba. Ce large consensus a rassemblé des organisations extrêmement diverses, ce qui a contribué au succès de la conférence (3)\n\nJ'ai également été invité par nos camarades de la CUP en Catalogne dont Carles Riera, à participer à leur atelier et faire une présentation concernant la montée de la droite et l'extrême droite au Québec. Par la suite, nous avons eu des discussions concernant la proximité politique que nous avions établi entre la CUP et Québec solidaire au moment du référendum Catalan. Manon Massé et moi-même y étions allés au nom de QS afin d'exprimer notre solidarité.\n\nSelon les camarades catalans, le contexte politique de la montée de l'extrême droite dans l'État Espagnol oblige un débat plus profond concernant l'utilité de l'indépendance et la sortie de l'Espagne. Paradoxalement la lutte devient plus internationaliste et oblige d'affermir la place des réseaux internationaux. Il y a également un phénomène de la droite nationaliste dans les endroits qui réclament l'indépendance comme on le voit autant au Québec qu'en Catalogne.\n\nQuelle stratégie par rapport à l'État espagnol, en ce qui concerne la Galicie. Unité ou Gauche Catalane. Il y a aussi une nouvelle légitimation de l'État espagnol. C'est une problématique qui ressemble à la question de l'indépendance du Québec dans un contexte de la montée de l'extrême droite aux EU. Le premier réflexe est « sauvons le Canada ».\n\nLa réponse de Ana Miranda, députée européenne présente à cet atelier touche au but. « Pourquoi être indépendantiste si ce n'est pas pour mener une lutte sociale ? À travers la syndicalisation, contrer la droite. L'autodétermination populaire et syndicale, la classe ouvrière mobilisée vers la grève générale, la Solidarité avec les Basques, conduit vers une lutte internationaliste pour les droits sociaux ! »\n\n**Notes**\n\n(1) À propos de la Conférence antifasciste de Porto Alegre, Note du MES (Brésil)\n(2) La Conférence antifasciste et anti-impérialiste de Porto Alegre : grandes avancées, défis et opportunités https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article78490\n(3) Idem",
  "title": "Premières impressions concernant la conférence antifasciste de Porto Alegre",
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