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"publishedAt": "2026-06-22T09:16:21.076Z",
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"Santé / Soins",
"Contrôle social / Répression",
"Droits sociaux / Services publics",
"Bruxelles",
"Violences policières"
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"textContent": "Un large hématome sur l'avant-bras, une plaie au visage nécessitant des sutures, une surface de peau brûlée, un poignet tuméfié et douloureux, des crises de panique – toutes des blessures volontaires sur des corps d'enfants de 15, 14, parfois même 13 ans. Les récits des jeunes rencontré·es sont précis, se répètent, concordent avec les vidéos qui sont montrées en boucle ; l'émotion et parfois le choc se font ressentir chez certain·es. Plusieurs d'entre nous, en tant que soignant·es, étions aux premières loges pour attester de la violence policière ces derniers jours à Bruxelles. Des conséquences physiques et psychiques Au-delà des lésions, ce sont les conséquences de celles-ci sur les corps qui nous restent en tête. Car les violences policières qui impliquent des mineurs les exposent à des conséquences médicales complexes, physiques et psychiques, à court et à long terme et dont la gravité est souvent sous-évaluée. Sur le plan physique, les lésions peuvent aller de simples contusions, à des fractures ou des atteintes neurologiques et respiratoires graves : commotions cérébrales, troubles neurocognitifs persistants, irritation aiguë des voies respiratoires due à l'exposition aux gaz lacrymogènes (en particulier chez les personnes asthmatiques). Les conséquences psychiques sont également très présentes et tout aussi préoccupantes : l'exposition à la violence peut générer des états de stress post-traumatique qui se manifestent par des reviviscences, de l'hypervigilance, des attaques de paniques, du détachement, ensuite des altérations durables du sentiment de sécurité et de confiance interpersonnelle et enfin des troubles anxio-dépressifs. Au-delà de la violence physique, il s'agit également d'une violence symbolique et psychologique, puisque de nombreux comportements et propos racistes, homophobes, transphobes et sexistes nous ont été rapportés par les jeunes, susceptibles de renforcer les sentiments de stigmatisation et d'exclusion. Dans une population déjà fragilisée par l'isolement social, les ruptures scolaires et l'augmentation des troubles psychiques observés depuis la période du covid en 2019, ces expériences peuvent agir comme des facteurs déclenchants ou aggravants, perturbant les trajectoires développementales, majorant les risques de conduites à risque, de décrochage scolaire et de souffrance psychique, avec des conséquences sur les jeunes en tant que futur·es citoyen·nes. Le rôle des soignant·es En tant que médecins de première ligne (médecins généralistes, pédiatres, etc.), notre première mission est de prendre en charge nos patient·es individuellement, mais nous avons également un rôle de santé publique, de prévention et de promotion de la santé qui oblige à rendre compte de notre préoccupation aujourd'hui. Les conséquences de la violence policière et le ciblage des jeunes non blanc·he·s donnent à voir une réalité bien éloignée du récit dominant qui les réduit à une poignée de casseurs, en marge d'un mouvement pourtant porteur de revendications légitimes. Le vécu des jeunes que nous avons rencontré·es et soigné·es est tout autre : des ados engagé·es, conscient·es des enjeux de la mobilisation, venu·es défendre leur avenir et celui de toute une génération aux côtés de leurs professeur·es. Des jeunes en colère oui, et qui ont raison de l'être : elles et ils défendent et protègent leur accès à une éducation de qualité. En s'engageant, elles et ils participent à une forme très concrète de prévention, qui devrait inspirer celles et ceux qui s'intéressent aux politiques de santé publique. En effet, leurs mobilisations agissent directement sur un déterminant social majeur de la santé : l'éducation. Au-delà de cette dimension, leur engagement relève d'un véritable acte de soin collectif et solidaire, crée du lien social et renforce le sentiment d'appartenance. Il est démontré que les dynamiques collectives et la participation active ont des effets positifs sur la santé, tant physique que mentale, en renforçant le pouvoir d'agir et le bien-être des individus. Violences et austérité A rebours de cela, nous observons quotidiennement, dans et sur les corps, les effets croissants et cumulatifs des politiques d'austérité, qui constituent un ensemble de facteurs de risques collectifs pour la santé mentale, physique et sociale des jeunes. Ces effets sont générés par des mesures très concrètes telle que la diminution des moyens alloués aux repas scolaire, à l'enseignement ou aux académies d'arts ; cela est renforcé par l'épuisement parental lié à l'exclusion des dispositifs de protection sociale (mutuelle, chômage) et l'épuisement professionnel lié notamment à l'intensification des contraintes, comme l'extension des horaires de nuit et la flexibilisation accrue. A cela s'ajoute la saturation progressive des services constituant un filet de sécurité médico-social comme la médecine scolaire, les centres PMS, les services d'accrochage scolaire, de santé mentale, de pédopsychiatrie, et les Services d'Aide à la Jeunesse. Toutes ces mesures d'austérité constituent des violences à l'égard de la population, qui se mobilise pour défendre ses droits. En réponse, nous observons une intensification de la répression des mouvements sociaux, qui tend à cibler plus spécifiquement certaines catégories : les femmes, les personnes précarisées, racisées, illégalisées. Or, il est bien établi que les effets des politiques d'austérité affectent de manière disproportionnée ces mêmes groupes sociaux, produisant des inégalités renforcées. Nos constats de terrain s'inscrivent dans la continuité de ces dynamiques et en constituent une confirmation empirique. En tant que professionnel·les de la santé et citoyen·nes, nous affirmons notre solidarité avec ces mobilisations en faveur d'une société plus équitable, où l'éducation et les soins de santé sont accessibles à toutes et tous sans discrimination et où les professionnel·les travaillent dans des conditions dignes. Notre travail ne se limite pas à la pratique clinique : il implique également une attention aux déterminants sociaux et structurels de la santé. A ce titre, l'austérité apparaît comme un facteur délétère pour la santé, alors que la solidarité agit et agira toujours comme une forme de prévention et une véritable pratique de soin. Voir la liste des signataires et la suite du texte sur le compte insta de La Santé en Lutte et sur le site du journal Le Soir. Signer la carte.",
"title": "CARTE BLANCHE DE SOIGNANT•ES CONTRE LA VIOLENCE POLICIÈRE ET POUR LA SOLIDARITÉ",
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