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"textContent": "Dans la nuit du 4 au 5 juin, aux alentours de 4h du matin, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) a voté le décret-programme de réforme de l'enseignement. La majorité MR-Engagés a adopté sa réforme d'austérité contre le système éducatif. Le vote a été fait en contournant les règles du Parlement. En effet, le règlement parlementaire prévoir un délai légal de 84 heures, entre le vote en commission et le vote en séance plénière. Or, ce délai n'a pas été respecté. C'est donc un décret antisocial qui a été voté, en violant anti-démocratiquement une procédure parlementaire et en niant la colère des élèves, étudiant·es et professeur·es dans la rue. Ces nombreuses mesures qui mettent à mal l'enseignement francophone durent depuis des années en Belgique, sans considération pour les premier·es concerné·es. Le décret-programme, dit le « vote de la honte », a été voté par la majorité. Cependant, cela ne signe pas l'arrêt de la lutte, mais plutôt la probable entrée dans une nouvelle étape d'intensification de cette dernière. La mobilisation et le large mouvement contre la réforme de l'enseignement comptent bien faire reculer le gouvernement. Ce vendredi 5 juin, des piquets de grève et des blocages sont organisés dans plusieurs écoles. À l'Institut Saint-Louis, la police a menacé d'intervenir au matin pour faire lever le piquet de grève spontané des élèves. Un nouveau rassemblement est également prévu à 13 heures devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ce vendredi 5 juin. Une lutte depuis des mois Un préavis de grève est prolongé dans les écoles jusqu'au 10 juillet. Depuis des semaines, des actions de blocages sont menées et les professeurs se mettent en grève. « On a manifesté hier, on était des milliers, et même comme ça, le gouvernement ne veut pas nous entendre. On va continuer, on va rien lâcher. » (témoignage d'un·e élève ce matin devant un blocage à l'Institut Saint Louis) La Province de Liège a également annoncé l'annulation des examens de fin d'année dans ses 13 établissements d'enseignement secondaire, suite aux nombreuses mobilisations . À Bruxelles, plusieurs autres écoles ont pris des décisions similaires. Du lundi 1er juin au mercredi 3 juin, des « facteurs » à vélo ont parcouru près de 170 kilomètres entre Verviers et Bruxelles afin d'acheminer au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles des milliers de courriers rédigés par des enseignant·es, des élèves et des parents. Des actions spontanées ont eu lieu ces dernières semaines, et elles risquent de se poursuivre, suite au passage en force du vote du décret programme cette nuit. Retour sur la journée du vote Le jeudi 4 juin, une grève ainsi qu'une manifestation d'ampleur réunissant des milliers d'élèves et de professeur·es ont entouré le Parlement durant les débats parlementaires. Dès 7h, de nombreux piquets de grève avaient lieu devant les écoles afin d'empêcher les cours. Par petits groupes, des centaines d'élèves, d'enseignant·es, d'éducateur·rices, de parents et de soutiens, de Bruxelles, Namur, Liège, ont afflué vers le parc Royal et les abords du Parlement. À partir de 10h, la rue des Colonies, rue adjacente au Parlement, a été fermée, mais les manifestant·es ont continué à arriver vers le Parlement, via Gare Centrale. En fin de matinée, Yvan Verougstraete, le président des Engagés, a été pris à partie aux abords du Parlement. Des manifestant·es l'attendaient afin de l'empêcher d'entrer, l'ont physiquement bousculé et hué. Vers 15h, des manifestant·es ont forcé une porte arrière du Parlement, avant d'être chassé·es et gazé·es par des policier·ères antiémeutes de l'intérieur. Plus tard dans la journée, des élèves ont fait irruption dans la salle des séances du Parlement de la FWB, criant depuis les tribunes : « On vous voit ! Vous effacez nos droits ! » Les mobilisations ont continué toute la soirée. Des manifestant.es ont organisé une veillée à la bougie. Finalement, le vote du décret programme a eu lieu aux alentours de 4h du matin. L'opposition PS Ecolo et PTB ont voté contre, mais la majorité, sans surprise, a adopté la loi. Répression policière Devant le Parlement, un important dispositif policier a été mis en place : les rues menant au bâtiment ont été fermées à l'aide de barrières de barbelés, deux autopompes étaient installées de chaque côté de cette rue, un hélicoptère survolait la zone, de nombreux policiers équipés de casques et de boucliers étaient présents sur place, ainsi que des militaires à la Gare Centrale. Le dispositif policier et répressif, la violence des réformes et le mépris du gouvernement ont conduit à la colère dans les rues ce jeudi 4 juin. La manifestation spontanée s'est peu à peu intensifiée, avec de plus en plus de violences policières pour contenir et réprimer la colère des manifestant.es. En effet, pendant plusieurs heures, dans le quartier du Parlement de la FWB et de la Gare Centrale, de nombreuses révoltes ont eu lieu, des feux ont été boutés et du mobilier urbain a été dégradé. Aux abords du parlement, une porte arrière a été forcée par les manifestant·es, vers 15h. Plus tard vers 16h, la police est violemment intervenue, en dispersant la foule à coup de matraques et charges de gaz lacrymogènes continues, et ce malgré qu'une grande majorité de la foule présente était constituée de mineur·es. Des images montrent des élèves très jeunes être violenté·es, contraint·es par la force avec prise d'étranglement, plaqué·es au sol et arrêté·es par des forces de l'ordre. Une vingtaine de personnes, dont une importante partie des mineur·es ont été arrêté·es hier. Certain·es ont été libéré·es pendant la nuit, pendant que d'autres ont été emmenés au Palais de Justice tôt ce matin, après avoir été arrêté·es judiciairement. Un projet de société toujours plus autoritaire Les événements de ces derniers jours montrent une évolution du modèle de société qui se met en place, où des mineur·es mobilisé·es pour défendre leur droit à l'éducation sont gazé·es, matraqué·es. Cette violence institutionnelle n'est pas nouvelle. Elle s'abat depuis longtemps sur les personnes racisées, les quartiers populaires et celles et ceux qui subissent déjà les formes les plus dures des inégalités sociales. Mais les événements récents montrent que ces logiques répressives s'étendent à l'ensemble des mobilisations, alors que les mesures d'austérité se multiplient dans des secteurs essentiels tels que l'enseignement, la santé, la culture. Cette répression s'inscrit également dans un phénomène plus large et plus structurel : la désenfantilisation des enfants, et en particulier des enfants non blanc·hes. Les enfants racisé·es sont perçu·es comme plus âgé·es, plus responsables, plus menaçant·es que leurs pairs blanc·hes, et ce, dès le plus jeune âge. Ce biais raciste systémique a des conséquences concrètes : une présence policière accrue dans les établissements scolaires des quartiers populaires, des sanctions disciplinaires disproportionnées, une orientation scolaire inégalitaire, et une tolérance moindre pour leurs expressions de colère ou de résistance lorsqu'elle s'exprime, comme ce fut le cas ce jeudi 4 juin. La militarisation de la société progresse : banalisation de la présence de l'armée dans l'espace public, renforcement des dispositifs policiers, restriction du droit de manifester et criminalisation des mouvements sociaux. Cette évolution ne peut être dissociée des politiques d'austérité qui frappent une majorité de la population. Lorsque les droits sociaux reculent pour la majorité, le recours à la contrainte devient un outil de gestion politique pour une minorité. La Ligue des Droits Humains dénonçait déjà le « tournant sécuritaire » des politiques Arizona. Au delà des violences de cette journée, ce qui se dessine ici en réalité, est un projet de société : une société plus répressive, plus inégalitaire. Face à la répression, des mouvements s'organisent. Des grèves et d'autres actions sont annoncées jusqu'au moins le 10 juillet. L'article Malgré la colère, le décret-programme a été adopté est apparu en premier sur Bruxelles Dévie – Média indépendant bruxellois .",
"title": "Malgré la colère, le décret-programme a été adopté",
"updatedAt": "2026-06-06T07:31:17.000Z"
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