Quand l'école est en danger, Mars Attacks !
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May 27, 2026
Le contexte ? Il y a toute une série de mesures qui impactent l'école dans la Fédération Wallonie-Bruxelles (Communauté), mais pas que l'école, la société belge également, par exemple la pension à 67 ans. Aucune de ces réformes n'est acceptable, mais c'est surtout cumulées que ça donne un cocktail explosif pour l'enseignement. La mesure plus mise en avant dans les médias dominants, c'est l'augmentation de 2h de la charge horaire, devant la classe, des enseignant.es du secondaire. Sans augmentation des salaires. Pour une part de la population, les profs sont présenté.es comme fainéant.es, et par suite, cette mesure comme ayant un impact minimal. Or, en pratique, deux heures de plus par semaine, ça signifie beaucoup plus de travail : des corrections pour une classe surpeuplée supplémentaire, de nouveaux cours à préparer, des tâches administratives en plus, des problèmes pour les cours qui ont 4 ou 5 heures (ils devront être partagés entre collègues, ce qui représente du travail collaboratif en plus), etc. Tout cela va aboutir à des pertes d'emploi. Alors que, soi-disant, cette mesure répondrait à la pénurie de profs. Ce que ça va surtout provoquer, c'est un fractionnement supplémentaire de l'horaire des profs en début de carrière, qui vont davantage devoir prester dans plusieurs écoles. Même si on annonce un assouplissement pour la première année dans l'enseignement, ça va augmenter la pénibilité d'un travail qui peine déjà à attirer des vocations et à les conserver. Autre exemple de mesure : la santé calquée sur le privé. Les indemnités sont réduites, les absences sans certificat sont limitées à 3 jours consécutifs par an, alors que des études ont montré que le système actuel, plus souple, menait à moins de jours d'absence au total (parce que les gens ne se crament pas pour disparaitre alors beaucoup plus longtemps). Aussi, les congés thérapeutiques seraient plafonnés à 2 ans sur toute la carrière. Quid des personnes qui subissent des maladies chroniques ? Alors que celles-ci pourraient continuer à enseigner, elles vont se retrouver sur le carreau, ou à devoir accepter une charge horaire inférieure, et donc un traitement moindre. Il n'y aurait pas que la santé qui serait calquée sur le privé. Il y a aussi des menaces sur le statut et la stabilité, avec une mobilité forcée. Ces mesures ne concernent pas que le secondaire, mais aussi l'enseignement primaire, avec la perte de soutien aux familles les plus précarisées : fin de la gratuité de l'école et des repas. Dans l'enseignement supérieur : une nette augmentation du minerval. Dans l'enseignement en académie : fin de la gratuité pour les enfants, ce qui aboutirait à la perte de beaucoup d'élèves et donc à la perte des emplois associés. L'impact serait désastreux pour les enfants, leur bien-être, leur développement et leur chance dans cette société. Toutes ces mesures sont censées limiter la dette de la FWB. Or, la part de l'enseignement dans le PIB ne cesse de diminuer depuis 15 ans. Donc le problème n'est pas que l'enseignement coûte trop cher, mais qu'on ne va pas chercher la richesse produite dans le pays, à cause de gouvernements libéraux qui réduisent les recettes via des cadeaux fiscaux aux contributeur.ices les plus riches. Et puis, on peut parler du choix de ces gouvernements de financer leurs projets racistes et classistes de surveillance, de chasse aux migrant.es, et de réarmement. Pour rappeler un bout d'histoire, il y a eu de grosses manifs dans les années 90, qui n'ont rien fait bouger, et qui ont été suivies d'une forte démobilisation des profs vis-à-vis de l'action sociale. C'est donc la première fois depuis cette époque-là qu'on a un mouvement qui se met en place et prend de l'ampleur. Le but ? Face à toutes ces attaques contre l'école, il y a eu un mouvement citoyen apartisan qui s'est constitué ces derniers mois : Mars Attacks. L'objectif est de refuser en bloc toutes les mesures, et que les ministres revoient leur copie. Une seule proposition : le refinancement de la FWB, qui a été très mal négocié il y a fort longtemps, et plus globalement celui de tous les services publics. Qui ? À ce jour, on a plus ou moins 200 écoles, essentiellement de l'enseignement secondaire libre confessionnel, car ce sont les écoles les plus impactées et ayant le plus de liberté pour entrer en rébellion. Mais il y a aussi des écoles primaires, du secondaire officiel ou libre non confessionnel, des hautes écoles et des académies. Une partie importante du corps enseignant de ces écoles, ainsi que certaines directions et pouvoirs organisateurs, soutiennent Mars Attacks. Mars Attacks a aussi été rejoint par École en lutte (collectif préexistant), et dernièrement par des élèves qui se sont constitué.es Students Attacks. Ce mouvement a permis l'émulation collective, là où beaucoup d'enseignant.es râlaient et avaient un sentiment d'impuissance très fort. Ça a redonné de l'espoir pour faire barrage à ces mesures. Comment / par quels moyens ? Tout d'abord par une communication massive sur les réseaux et auprès des parents, des élèves, et de la population, via des actions choc dans des écoles ou sur des marchés. Des actions menées lors d'arrêts de travail, ou même en-dehors du travail : par exemple des séances de correction dans l'espace public. Cela est permis par le soutien des syndicats, qui, pour une bonne part, mais malheureusement pas tous (selon les régionales), soutiennent les propositions de la base, en permettant les arrêts de travail et les jours de grève (indemnités). Ce soutien rencontre néanmoins des limites, puisque les syndicats font aussi le choix de se distancier du mouvement en conservant une attitude de concertation vis-à-vis des politiques. Voire même, en mettant la pression sur certain.es délégué.es, en leur interdisant de prendre part à Mars Attacks (on a déjà pu voir en 2026 que 3 personnes ont été radiées de la CGSP Bruxelles pour avoir milité dans École en lutte). Mars Attacks tient une position ferme : nous n'accepterons rien ! Il y a une coordination entre les différentes écoles concernant la ligne générale à suivre, mais globalement chaque école choisit ce qu'elle veut faire. Et en interne, ça fonctionne par assemblée pour faire ces choix. C'est clairement auto-organisé. Le mouvement permet de mener les actions suivantes : • La rencontre ou interpellation des député.es de la majorité pour leur faire comprendre la nécessité d'abandonner les mesures. En visant plus particulièrement Les Engagés car l'enseignement est une de leur base électorale. Et que le MR, tel qu'il est radicalisé au service d'un projet de société ultra-capitaliste, est hors d'atteinte. • Des espaces d'expression : tables rondes à Bruxelles, ou une guinguette à Charleroi. • La plus visible ! La révolution des craies : les profs investissent les espaces publics avec des messages à la craie, ce symbole de l'éducation. Sur les trottoirs, les routes et les murs. • Des manifestations : un bloc Mars Attacks dans les manifs nationales, souvent en vert, déguisé.es en martien.nes, mais aussi devant le parlement de la FWB pendant les débats de la commission éducation. • des grèves de dizaines d'écoles, qui se profilent au finish, via des piquets de grève tournants, souvent avec le soutien plus ou moins actif des directions. Résultat Le vote qui était prévu ce mercredi 27 mai 2026 a été reporté ! Actuellement sine die. La mobilisation continue, Mars Attacks ne lâchera rien ! Lien du site. Lien vers le padlet qui présente des outils avec des affiches, des explications, des idées d'actions. À faire tourner !! — Plus d'images :
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