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    "Anarchismes / Antiautoritaire"
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  "textContent": "I.L'autonomie : histoire et ligne politique. L'autonomie désigne souvent un milieu : milieu toto pour nous, mouvance anarco-autonome pour les keufs, black blocks radicalisés pour BFM... qui est plus ou moins lié au monde des squat – toto des villes – et des ZAD – toto des champs. En gros on est plein de gens qui aimons pas le capitalisme, qui aimons – théoriquement - pas les oppressions systémique non plus, et qui lisons des brochures radicales. Quand on y entre, c'est rarement par la théorie, et on finit par en oublier que l'autonomie ne désigne pas seulement des gens qui font des A cerclés sur les murs et qui ont un look ultra-dark [1], mais aussi un courant politique précis, avec un passé et une histoire. Ces deux réalités de l'autonomie entretiennent une relation complexe et contradictoire, et c'est là-dessus qu'on veut se pencher aujourd'hui. L'autonomie correspond à tout ce qui est situé à « gauche » du léninisme, c'est-à-dire toutes les tendances révolutionnaires qui rompent radicalement avec l'autoritarisme et refusent la centralisation, la structuration hiérarchique, l'organisation bureaucratique, la délégation de pouvoir par la représentativité politique, etc... Pour résumer, elle vient historiquement de deux branches : la branche anarchiste – en gros le milieu toto d'aujourd'hui – et la branche ultragauche – aussi appelée marxiste anti-autoritaire ou autonomie communiste, dont les luxembourgistes des années 20 ou l'autonomie italienne des années 70 sont des exemples connus. Une des particularités fondamentale de l'autonomie est de s'organiser hors et contre les institutions du capital, en vue de les détruire. Elle part du principe que ces institutions, multiples (l'Etat, la valeur, le travail, l'armée, la police, etc) ne peuvent être conquises ou utilisées à des fins positives. Cela marque une différence fondamentale entre elle et l'extrême-gauche, qui voit dans ces instances des outils dont nous serions dépossédés. Ainsi là où la pensée de gauche est de « réappropriation de ce qui nous est volé » et où sa préoccupation est de placer les bons à la direction de la machine, la pensée autonome est purement destructive de la machine en question, en tant que part non réformable du problème. Ce point est déterminant, car il explique pourquoi, entre l'autonomie et tout ce qui constitue la gauche, il y a un gap de ligne : les sauce-dem militants ou les syndicats ne sont pas des alliés critique avec qui on a des querelles sectaires pendant que l'extrême droite avance, mais bien des adversaires politiques dont le programme et la ligne sont antagonistes aux notres. Le manque de compréhension de ce point nous semble réellement problématique, car il marque une perte de compréhension de ce qu'est la ligne autonome. II. Les différents courants. 1. Ultragauche Chacune des deux branches de l'autonomie a une histoire foisonnante, faite de multiples tendances. Si on voulait résumer à la serpe, on dirait ça : l'ultragauche, ou autonomie communiste, se définit par rapport aux autres courants communiste par son refus de toute conquête de l'appareil d'Etat et de tout parlementarisme. On peut en voir une préfiguration dans ceux qu'on appelle les « enragés » sous la révolution française, ou dans les communistes anti-léninistes à l'époque de la révolution russe. Les deux situations sont d'ailleurs assez similaires dans certains aspects des dynamiques qui s'y jouent : dans chacun de ces cas, les « ultragauches » sont en conflit avec des « révolutionnaires centralisateurs » - Marat dans un cas, Lénine dans l'autre – qui les traitent de débiles parce qu'ils veulent la révolution tout de suite alors que « le reste du pays n'est pas prêt ». C'est donc une histoire qui commence à la seconde 1 du système bourgeois. Il y a, d'un côté, les « extrêmes-gauchistes » qui veulent renverser la table mais selon un plan précis, avec un peuple révolutionnaire bien au pas et qui fait les choses selon leurs ordres. Et de l'autre ceux qui , faisant partie de ce peuple, veulent tout détruire maintenant et sans suivre le plan, et sont donc vus comme des agitateurs « dangereux pour la révolution » par les premiers. On voit bien dès lors que si pour l'extrême-gauche le clivage politique se fait entre les partis bourgeois et la gauche révolutionnaire, pour l'ultragauche, la rupture est un pas plus loin qualitativement : entre les « représentants/chefs/parlementaires », quel que soit leur bord, et les exploité.e.s atomisé.e.s, car pour ces derniers, le rapport social induit par les institutions est plus déterminant que de savoir qui est à leur tête. En effet, peu importe la couleur du parti, peu importent les querelles entre « bons et mauvais gouvernants », si tous sont d'accord pour imposer un ordre social étatiste – même soit-disant transitoire- , le travail à une majorité de la population – sous peine de prison ou de crever de faim - , et pour envoyer la troupe quand cette majorité décide qu'elle veut changer l'état des choses. C'est un des socles fondamentaux de l'ultragauche : il n'y a pas, pour elle, de rupture qualitative fondamentale entre démocratie, gouvernement « révolutionnaire », fascisme, pas de différence qui vaille la peine qu'on s'y arrête entre gauche et droite, ni même entre extrême-gauche et extrême-droite. Ce sont toutes des boutiques gestionnaires de l'exploitation, toutes des garantes du rapport social capitaliste, et c'est par ça qu'elles se définissent avant tout. Ainsi, si le fascisme est une forme spécifiquement violente du capital qui doit être combattue, elle ne doit pas l'être en régénérant ses causes dans le même mouvement : c'est seulement par l'angle de l'anti-étatisme que des perspectives émancipatrices peuvent apparaître. De Mao à Allende en passant par Jaurès, Blum, Lenine ou Maduro, il n'y a donc rien à choisir, ce qui reproduit l'Etat étant voué à reproduire en même temps l'exploitation et les oppressions sur lesquelles celle-ci repose. Le seul choix révolutionnaire que l'on peut faire à chaque instant est celui du camp prolétarien, radicalement contre ces Etats. L'ultragauche se distingue ainsi par son refus premier de toute alliance transclassiste même lorsque le conflit semble opposer le « raisonnable » voire le « progrès » au « mal absolu ». De là découlent ses critiques de l'auto-gestion [2], de l'antifascisme [3], etc... Cette ligne de classe fait sa force et sa pertinence dans les mouvements de lutte et dans le milieu anticapitaliste : là où l'analyse anarchiste rejette l'Etat sans distinction – ce qui est à notre avis très pertinent, ce n'est pas une critique – , l'ultragauche produit une propagande spécifique contre la gauche et ses enseignes, propagande qui permet une rupture avec la récupération réformiste ou léniniste. 2. Les « toto » La branche anar de l'autonomie vient d'une histoire propre, même si les deux finissent par se mêler. Contrairement au communisme, dont l'ultragauche est un courant très spécifique, on pourrait dire que l'anarchie dans son ensemble est intrinsèquement liée à l'autonomie, du fait de son refus de toute transition étatique vers le communisme et de toute forme de délégation de pouvoir. Ses références sont assez différentes de l'ultragauche : elle va avoir tendance à se réclamer de l'héritage de l'Espagne de 36, des marins de Cronstadt en Russie et des expériences d'auto-organisation menées sous l'impulsion de l'armée de Nestor Makhno en Ukraine. Cette branche de l'autonomie est encore la plus vivace par chez nous : globalement il nous semble que la plupart des gens du milieu toto se définiraient plus facilement comme anarchistes ou anarchisants que comme communistes. Le corpus théorique qui la traverse n'est pas ou peu marxiste, il aborde plus l'anticapitalisme depuis l'anti-autoritarisme que depuis la question de l'exploitation, et il insiste plus sur les actions affinitaires de lutte que sur la rhétorique révolutionnaire de masse. C'est d'ailleurs un point important qui distingue ces deux branches : à l'heure actuelle et après de nombreux revirements au cours du temps, on aurait tendance à dire que l'autonomie communiste a pour horizon la révolte prolétarienne généralisée, là où l'autonomie anarchiste fait de la vie militante hors du travail et de la lutte directe contre le système une certaine fin en soi. Tout ça amène à des approches différentes de la politique et de la propagande. Ainsi, les cocos se définissent plus « autonomes » à partir de la ligne politique – être autonome c'est poser une ligne à la fois communiste révolutionnaire et anti-autoritaire - ; tandis que les anars le font souvent plus depuis un mode de vie et d'organisation – être autonome c'est être anticapitaliste, illégaliste et s'organiser dans le « milieu » squat, le « milieu » queerosse, le « milieu » ZAD... Un autre point important de l'anarchisme toto est que, depuis quelques années au moins, il est fortement tourné sur la mise en lumière des oppressions et la lutte radicale contre elles. C'est pour nous un de ses apports fondamentaux : ne pas s'arrêter à la lutte des classes telle que définie par Marx, ne pas réduire les problèmes qui nous occupent au capitalisme « pur » ni la question de la classe à une définition masculine et blanche du prolétariat. Et poser très clairement que contrairement à ce que qu'arguent les class first, ce n'est pas parce que le genre et la race sont intriqués dans le capitalisme qu'ils seront abolis automatiquement si on le renverse. Tout ça est d'ailleurs confirmé par de nombreuses recherches récentes qui montrent que les oppressions systémiques de genre existaient dès le soi-disant « communisme primitif ».[on peut notamment voir à ce sujet les conférences de Christophe Darmangeat ou Claudine Cohen, sur youtube. Les deux anthropologues sont en désaccord sur de nombreux points mais l'un d'eux est manifestement partagé : le patriarcat généralisé date au moins du Néolithique et des premières cités, il y a 8000 ans. Pour le paléolithique, ça a l'air moins clair] Il faut donc bien en conclure que seules les luttes radicales contre toutes les formes de l'oppression humaine peuvent mener au communisme/à l'anarchisme réel. L'autonomie anarchiste permet ainsi de mettre en lumière que Marx avait un angle mort extrêmement dommageable en définissant la classe sans y intégrer entièrement les oppressions de genre et de race. [4] Cela lui donne une pertinence sur de nombreux points que les courants plus marxistes en France ont souvent du mal à articuler. II. Limites des deux courants Tout ça étant dit, on veut poser une analyse des limites qu'on voit à chacun de ces courants : ils nous paraissent tous deux avoir des angles morts importants, et gagneraient d'après nous beaucoup à se nourrir des points de pertinence de l'autre. 1. Ultragauche et autonomie Si elle participe au maintien de la ligne de classe dans le milieu autonome, l'ultragauche est souvent plombée par une vision réductionniste. Elle a en effet tendance à tout ramener à la classe, et même à voir les luttes antiracistes ou antipatriarcales comme des parts secondaires ou « partielles » de la lutte anticapitaliste, qui se règleraient d'elles-mêmes mécaniquement dans la révolution. On trouve ainsi chez elle un certain désintérêt ou une incompréhension de ce que sont les autres axes d'oppressions ( à sa décharge, certaines tendances anarchiste de l'autonomie sont aussi très proches de cette rhétorique). On dénombre à cause de tout ça pas mal de textes ou podcasts versant dans des analyses réactionnaires quand il faut parler de race ou de genre. C'est évidemment un problème, et ça fout d'autant plus le seum que si elle se réemparait de ces questions pour les articuler à la lumière de son logiciel, l'ultragauche pourrait apporter beaucoup. Au-delà du fait que ça parait un peu scandaleux en 2026, il nous semble en effet qu'une des réponses souhaitable aux courants anti-oppressions léninistes ou sauce-dém actuels serait de construire une lecture spécifiquement autonome des oppressions. 2. anars Quand au milieu toto-anarchiste, on l'a dit, il se distingue dans la sphère révolutionnaire par un certain désir de conscientiser ces oppressions et de lutter contre elles – même si c'est de moins en moins vrai, pas mal d'organisations non anar s'en étant finalement réemparées ces dernières années. Son défaut est là où sont ses qualités : s'il ne s'arrête pas au capitalisme et à la pure lutte des classes, il ne s'y arrête à notre avis pas assez, au point que le capitalisme ne semble parfois plus tant un problème. Si on voulait définir ce qui se passe, on dirait que le milieu toto s'organise encore hors des institutions du capital, mais plus forcément contre elles. On peut ainsi tout à fait voir des totos s'auto-organiser pour pousser à voter à gauche pendant les élections, car pour eux, globalement, la FI c'est bien, la gauche c'est quand même bien, et le problème est plus la droite, le néolibéralisme et le fascisme que la sociale démocratie, qui fait pourtant totalement partie du capitalisme. La relation entre sauce-démie, libéralisme autoritaire et fascisme est ainsi évacuée ou lue depuis un logiciel de gauche. On en arrive même parfois à des analyses un peu délirantes, où les toto encore autonomes sont quasiment vus comme plus responsables de la montée du fascisme par leur refus de participer au vote que la gauche institutionnelle. De même, on voit un peu partout des événements « anti-impérialistes » tenir le haut du panier en matière d'antiracisme et ne pas être questionnés dans le milieu, comme si ce terme n'était pas une vieille enseigne des marxistes-léninistes pour diviser le monde selon leur ligne transclassiste habituelle : les « mauvaises bourgeoisies impérialistes et suprémacistes » et les « bonnes nations victimes ». Le soutien à des patries « résistantes » ou à des proto-bourgeoisies « révolutionnaires » est amalgamé à la lutte contre le capital, sans qu'aucune tentative de lecture autonome soit posée. [En fait, pour le dire de façon assez crue, certains courants trotskystes spécifiques, non campistes, posent aujourd'hui des analyses et des critiques plus pertinentes des situations internationales que ce qu'on peut voir dans le milieu toto, alors même qu'eux sont léninistes. Il semble qu'il y a chez eux une mémoire plus forte de certaines bases révolutionnaires que dans le milieu toto. On se retrouve ainsi avec des situations rocambolesques, où des totos se retrouvent proches de divers groupes léninistes campistes, stals ou trotskystes, et où ce sont des courants trotskystes plus « stricts » qui critiquent tous ceux-là sur des bases prolétariennes] Cela est d'après nous dû à un manque de colonne vertébrale politique solide. On aurait tendance à dire que le milieu toto est devenu aujourd'hui politiquement gauchiste, c'est-à-dire flou et mélangeant plein de courants, et que l'autonomie anarchiste et l'autonomie communiste ne sont elles-mêmes plus que des tendances en leur sein, pas toujours majoritaires. On pense que c'est le résultat de plusieurs choses, en premier lieu son fonctionnement organique : comme on l'a dit, on y entre rarement par la théorie mais plus par des logiques de milieu social, de cooptation, par des rencontres lors de mouvements sociaux ou d'arrivée dans des lieux de lutte, etc... ce qui fait que l'anarchisme toto est une nébuleuse qui se définit souvent plus par des pratiques, des codes et des opinions que par une ligne. Ensuite, on pense que la question des oppressions joue dans tout ce flou un rôle important. En effet, celle-ci prend enfin depuis quelques années une importance nouvelle, plus difficile à contester qu'auparavant, dans les milieux militants et dans la société française en général. C'est peut-être un pas assez rarement vu à cette ampleur. Pour autant, on pense qu'une sorte d'amalgame est fait, et que souvent la question soulevée pour se positionner par rapport à une oppression est « est-ce que tu es en train d'être raciste/sexiste ou non par ton positionnement ». On dirait que le racisme et le sexisme sont des blocs sans nuances, sans déclinaisons politiques, et qu'il s'agit juste d'être pour ou contre. Or, on pense qu'une ligne antiraciste sauce-démisante de droite, sauce-démisante de gauche, léniniste ou autonome n'ont pas grand-chose à voir entre elles. Ainsi, des questions comme « participer au vote », « être pour ou contre le Hamas », « déclarer une manif/partir en sauvage » et globalement de tres nombreuses questions de ligne politiques sont rendues caduques car elles sont placées sous le saint-patronage de l'antiracisme et de l'antisexisme avec un grand A au lieu que la question : « de quel antisexisme/antiracisme parle-t-on ? » soit posée. Conclusion On a l'impression d'être coincé.e.s entre deux dynamiques pas ouffes au sein de l'autonomie. D'un côté on a l'ultragauche qui fait vivre la théorie autonome pas forcément si présente dans nos squats, mais qui se désintéresse encore trop globalement des questions d'oppressions, la rendant pour partie inaudible. De l'autre, le milieu toto-queer plus forcément autonome, lui, dans lequel les idées de « conscience des oppressions » et d' « anticapitalisme » sont devenus des sortes de totem – c'est-à-dire des idées générales impossibles à nuancer, des blocs « pour » ou « contre » lesquels on serait, sans aucune réflexion pour savoir de quelle ligne anticapitaliste, antiraciste, antipatriarcale, etc... on parle . En vrai, on trouve ça assez logique. On se dit que le combat pour simplement visibiliser les oppressions et gagner du rapport de force là-dessus au sein de la militance a du être un bordel immense qui a potentiellement empêché de gagner en même temps sur la question de la ligne à l'époque. Au-delà de ça, du simple fait d'être transversal à la question de la classe, c'est un combat qui a été mené parallèlement par des groupes de diverses lignes, et c'est donc sous cette multiplicité qu'il s'est répandu dans la société. Il parait finalement pas déconnant que les formes léninisantes et sauce-démisantes de l'antiracisme et de l'antisexisme soient aujourd'hui largement répandues dans le milieu, tout simplement car cela semble plutôt raccord avec l'état du rapport de force entre les différentes tendances anticapitalistes elles-mêmes. Enfin, de façon plus générale, il faut bien dire qu'on n'a pas vraiment accès à un corpus clair quand on arrive dans le milieu : pas tant de brochures mettent l'accent sur les différences entre autonomie et autres courants... à l'inverse, de nombreux médias d'autres tendances s'emparent de questions de théorie et d'actualité : la Paduteam (stal), la Zawa Prod (sauce dem), Wissam Xelka (léniniste), Paroles d'Honneur (léninisto-décolonialo-bizarre), Blast (sauce-dem) etc... Il est normal qu'on aille vers eux pour s'informer, si ce sont les seules sources disponibles, et si elles disent quand même plein de trucs pertinents qui aident à s'informer et à réfléchir. Ce faisant, on intègre des morceaux de leur ligne. On pense qu'il serait vraiment important qu'on se saisisse de cette situation et qu'on y réponde, autonomes communistes comme anarchistes. Qu'il faudrait reposer le focus spécifiquement sur la propagande de ligne, et répandre partout des réflexions et des points de vue anti-sauces et anti-léninistes détaillés, appuyés, explicités, nuancés– en n'omettant pas nos tatonnements, nos questionnements et nos points de doute -, ainsi que des points de vue de ligne concernant les oppressions, pour permettre à l'autonomie de rester vivace... Parce que ses particularités sont le fruit d'une longue histoire militante, et, si le milieu finissait par devenir une pure nébuleuse non encartée d'extrême-gauche (ou de gauche tout court) à force de manquer de transmission, c'est deux siècles de leçons des luttes passées qui seraient perdus pour les mouvements à venir. PS : l'image d'illustration nous a fait rire mais en vrai, on aurait des débats à ouvrir sur le Rojava, la CNT de 36 et le Chiapas, précisément dans la lignée de ce qu'on a développé ici.\n\n* * *\n\n[1] ou shiny-queerisant, selon l'option [2] l'autogestion est souvent mise en avant dans la gauche radicale comme une perspective désirable en soi. Cela mène à des situations étranges, comme la glorification d'usines ou de boites « autogérées » qui ne sortent pourtant absolument pas des logiques du capital [3] l'antifascisme, en tant que « axe de lutte, groupe uni de tout ce qui est contre l'extrême-droite », représente dans cette logique l'incarnation du camp de la gauche, et répond donc à une logique traansclassiste [4] On rappellera d'ailleurs à toutes fins utiles que Hegel, le philosophe sur lequel il s'est appuyé pour construire sa théorie de l'histoire, était un gros raciste de merde.",
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