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  "textContent": "**Dix-septième pays mégadivers au monde, Madagascar abrite 90 % d’espèces endémiques. Mais la déforestation et l’exploitation minière illégale ont déjà fait disparaître 23 % de ses forêts humides en vingt ans.**\n\n---\nNepenthes madagascariensis est une plante carnivore endémique de Madagascar, que l’on trouve principalement dans la région d’Anosy.\n\nAvec un indice de biodiversité de 162,29 et un taux d’endémisme atteignant 90 % chez ses espèces végétales et animales, Madagascar appartient au cercle très fermé des 17 pays mégadivers identifiés par Conservation International et le Centre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature (WCMC). Ce concept, développé en 1988 par le primatologue américain Russell Allan Mittermeier, repose sur deux critères : posséder au moins 5 000 espèces de flore endémique et border des écosystèmes marins.\n\nLa Grande Île se hisse aux côtés du Brésil, de l’Indonésie, de la Colombie, de la Chine, du Mexique, de l’Australie, du Pérou, de l’Inde, de l’Équateur, des États-Unis, du Venezuela, de la Papouasie–Nouvelle-Guinée, de la Malaisie, de la République démocratique du Congo, de l’Afrique du Sud et des Philippines. Ces pays, représentant un mélange de cultures, de climats et d’écosystèmes, contribuent de manière cruciale à la conservation de la biodiversité mondiale. En 2002, ils ont formé au Mexique le Groupe des pays mégadivers partageant les mêmes vues (LMMC) afin de coopérer pour promouvoir leurs intérêts en matière de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité. La richesse actuelle de la Grande Île – des cœlacanthes pêchés au large de Maintirano aux restes d’Aepyornis et de Majungasaurus sortis de terre – s’inscrit pleinement dans ces critères.\n\nForêts en péril et lémuriens menacés\n\nPourtant, cette biodiversité unique est mise à rude épreuve. Le danger de la pression économique sur l’environnement est réel et ne concerne pas seulement Madagascar. La destruction de l’écosystème malgache aurait des répercussions mondiales, notamment sur les itinéraires des oiseaux migrateurs et la disparition de plantes médicinales.\n\n## Bilan désastreux\n\nSelon Global Forest Watch, Madagascar a perdu entre 2002 et 2025 environ 1,2 million d’hectares de forêts primaires humides, soit 23 % de sa couverture forestière sur la période. La consommation excessive de bois de chauffe, le charbonnage, l’exploitation de bois précieux ainsi que les feux de brousse ont entraîné la disparition de plus de la moitié des forêts naturelles en 60 ans. Le bilan est désastreux mais bien réel. La conservation de l’environnement et l’exploitation minière n’ont jamais fait bon ménage. La ruée vers les ressources minières dans les aires protégées s’intensifie en période de difficultés économiques, lorsque le pouvoir d’achat des populations rurales est faible.\n\nÀ une journée de marche depuis Ampasibe-Onibe, dans le district de Toamasina II, le village de Bevato Iofika se situe à proximité du corridor forestier de l’aire protégée de Zahamena. Dans cette zone, des activités d’extraction minière sont observées. De la poudre d’argent aux pierres précieuses (rubis, améthyste, émeraude…), les ressources sont extraites, provoquant l’ouverture de clairières dans la forêt. Les conséquences sont graves. Pour le professeur Jonah Ratsimbazafy, Madagascar compte 112 espèces de lémuriens, tandis que 17 espèces subfossiles ont déjà disparu il y a environ 3 000 ans. La fragmentation des forêts entraîne des problèmes de consanguinité chez les lémuriens et favorise la transmission de maladies entre animaux domestiques et faune sauvage. Enfin, la consommation de lémuriens ne s’explique pas uniquement par la pauvreté, car certains braconniers disposent d’armes de chasse. Face à ces menaces, des initiatives locales et internationales tentent de préserver la biodiversité malgache.\n\nLes aires protégées, les corridors forestiers et les programmes de conservation des espèces permettent de limiter la dégradation des habitats naturels. La coopération internationale, notamment à travers le Groupe des pays mégadivers (LMMC), joue également un rôle important dans le partage des connaissances et le renforcement des politiques environnementales. L’énorme richesse naturelle de ces pays les place au centre des défis environnementaux mondiaux tels que la déforestation, la surpêche et le changement climatique. Préserver Madagascar, c’est protéger une part importante de la biodiversité mondiale et garantir un équilibre durable pour les générations futures.\n\n_Hasina Giovanni_",
  "title": "ENVIRONNEMENT - La biodiversité malgache sous pression",
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