AFFAIRE FENOHASINA - Le tribunal prépare le procès de l’anniversaire noir
Dimanche 14 juin marquera le premier anniversaire du drame d’Ambohimalaza. Selon la procureure, le procès devrait s’ouvrir bientôt.
Le procès s’ouvre bientôt à Anosy.
Un an après la tragédie d’Ambohimalaza, où une fête d’anniversaire s’est transformée en drame collectif avec au moins trente morts, la justice s’apprête à ouvrir le procès. Le dossier reste, à ce stade, entre les mains du juge d’instruction, mais devrait bientôt être transmis à la Cour d’appel pour être jugé en Cour criminelle ordinaire (CCO).
La procureure de la République, Narindra Navalona Rakotoniaina, précise que tout dépend de l’état du dossier. Parmi les cinq prévenues, seule Mendrika a obtenu une liberté provisoire ; les autres demeurent incarcérées.
Selon une source judiciaire auprès de la Cour d’appel, l’intersession de la CCO est prévue lundi. Plusieurs grands dossiers y figurent, et l’on saura alors si l’affaire d’Ambohimalaza sera inscrite ou non au calendrier.
Opération en Russie
Sur le plan médical, plusieurs victimes portent encore des séquelles. Fitahiana, l’un des jeunes intoxiqués, vient de rentrer au pays après un long parcours de soins à Maurice, puis en Inde. Son état général s’est amélioré, mais sa voix reste altérée. Une autre victime, Tojo, doit encore subir une opération en Russie, entièrement prise en charge par le gouvernement russe.
Le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République, affirme que des médecins russes ont conclu à une intoxication par le botulisme. Mais l’origine exacte reste mystérieuse. Trois formes sont naturelles, quatre relèvent d’armes biologiques. Les spécialistes n’ont pu confirmer leur hypothèse, le site de la fête ayant été nettoyé avant leurs analyses. Des échantillons seraient encore disponibles à l’étranger et pourraient relancer l’enquête.
La ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, insiste sur la nécessité de reprendre les analyses que l’ancien régime n’avait pas menées. Elle refuse de s’en tenir à la thèse d’un empoisonnement au datura et à la belladone. Pour elle, il faut savoir qui a prémédité l’acte et surtout ce qui a réellement tué ces jeunes. Des experts internationaux ont été sollicités et leurs résultats viendront alimenter le dossier judiciaire. Cette affaire reste l’une des plus lourdes de ces dernières années.
Gustave Mparany
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