ABUS DE FONCTION - Une ancienne maire condamnée
L’ex-maire de Fianarantsoa, ayant officié de 2020 à 2024, a été condamnée à 3 ans de prison ferme par le Pôle Anti-Corruption, assortis d’une amende de 10 millions d’ariary et d’un mandat d’arrêt.
Les box commerciaux construits sous les gradins du stade d’Ampasambazaha.
Le Pôle Anti-Corruption (PAC) de Fianarantsoa a rendu hier son verdict dans l’affaire dite des « box » construits sous les gradins du stade d’Ampasambazaha. L’ancienne maire de la ville de 2020 à 2024 a été condamnée à 3 ans de prison ferme, assortis d’une amende de 10 millions d’ariary. La décision s’accompagne d’un mandat d’arrêt immédiat.
L’élue déchue se voit également interdite de toute fonction publique pendant 2 ans et privée de candidature à une élection durant 5 ans. À ses côtés, un employé communal a écopé d’une amende de 15 millions d’ariary, de même que trois autres responsables municipaux de l’époque. Les conseillers municipaux, eux, ont bénéficié d’un arrêt des poursuites. Le PAC doit encore se prononcer le 9 juin sur une autre affaire liée à la vente de terrains dans le même secteur.
Ce jugement est l’aboutissement d’un long processus judiciaire. Le 21 mai dernier, le tribunal avait examiné le dossier concernant l’attribution des locaux commerciaux d’Ampasambazaha. Trente-deux personnes étaient poursuivies pour abus de fonction, favoritisme et pour en avoir été bénéficiaires.
Pratiques
Les débats avaient duré neuf heures, à l’issue desquelles il avait été annoncé que le verdict serait rendu le 4 juin. Cette affaire n’était que la première d’une série de dossiers impliquant les anciens dirigeants de la Commune urbaine de Fianarantsoa.
Quelques semaines plus tôt, le 5 mai, l’audience avait été reportée à la demande des avocats de la défense. Certains prévenus n’avaient pas comparu devant le PAC, ce qui avait entraîné un renvoi au 21 mai et au 2 juin. Le climat était déjà tendu, car plusieurs affaires concernant la gestion municipale de la période 2020-2024 étaient en attente de jugement.
Le 24 avril, l’annonce de la comparution de l’ancienne maire devant le PAC avait marqué un tournant. Les accusations portées contre elle et ses collaborateurs étaient multiples. La nouvelle avait suscité une vive attente dans la ville, où les pratiques de l’équipe municipale sortante étaient déjà fortement critiquées.
Bien avant cela, en février 2023, des citoyens avaient exprimé leur colère face aux ventes de terrains opérées par la Commune urbaine. Dans une déclaration publique, ils dénonçaient une gestion assimilée à celle d’une agence immobilière et rappelaient que les élus avaient été choisis pour mener des projets de développement, non pour céder des biens communaux.
Ainsi se dessine le fil de cette affaire, au terme de laquelle la justice a tranché, confirmant que les dérives dans la gestion des biens publics ne restent pas impunies.
Gustave Mparany
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