AÉROPORT D’IVATO - La gendarmerie démantèle un trafic d’or bien organisé
Quatorze personnes, parmi elles des membres des forces de l’ordre postés à l’aéroport d’Ivato, ont été incarcérées pour avoir exporté clandestinement de l’or.
Le réseau a exploité l’aéroport d’Ivato pour exporter clandestinement de l’or.
Trois membres des forces de l’ordre en service à l’aéroport d’Ivato et onze autres personnes sont incarcérés depuis le 11 mai, après le démantèlement d’un vaste réseau de trafic d’or. L’opération, menée par la Gendarmerie nationale grâce à la coopération entre la Compagnie et la Brigade de l’aéroport d’Ivato, ainsi que la Compagnie territoriale de Nosy Be, a mis au jour une filière bien organisée. Celle-ci impliquerait des employés de l’aéroport, des commanditaires, des transporteurs et plusieurs complices encore recherchés.
Les commanditaires, alertés que leur affaire tournait mal, ont tenté de fuir par avion vers Nosy Be. Ils se sont cachés, mais les investigations conjointes ont permis de les retrouver. Quatre véhicules 4x4 utilisés pour leurs activités illicites ont été saisis par le Pôle anti-corruption (PAC). Ces individus, déjà rompus à ce type de trafic, avaient mis en place des circuits clandestins sophistiqués, mais cette fois, leur manœuvre a échoué.
Trois opérations
Le mode opératoire était minutieusement rodé. Les passeurs identifiaient les failles parmi les employés de l’aéroport, surtout dans le lounge, afin de contourner les contrôles stricts à l’entrée des marchandises. Les complices récupéraient l’or auprès des patrons à l’extérieur, le faisaient passer par-dessus les clôtures, puis d’autres agents, à l’intérieur, le prenaient en charge pour le faire parvenir jusqu’aux salles d’attente et de restauration, avant de le remettre aux passagers sur le point d’embarquer.
Trois opérations avaient déjà réussi, selon la gendarmerie. La quatrième a capoté. Des tensions ont éclaté entre les passeurs, certains craignant d’être pris. L’or n’a pas atteint la zone des départs et a été caché. Huit lingots ont disparu, seuls neuf sur les dix-sept prévus ont été retrouvés. Les barons, furieux, ont séquestré et torturé leurs passeurs pour obtenir des explications. C’est en enquêtant sur la disparition d’un employé de l’aéroport que les gendarmes ont découvert le stratagème. Affaibli par la faim et les coups, cet employé a fini par révéler l’emplacement des caches, permettant l’arrestation successive des membres du réseau.
Le dossier a été transmis au PAC. Dix suspects ont été incarcérés à Tsiafahy et quatre à Antanimora. Les recherches se poursuivent pour retrouver les complices encore en fuite, soupçonnés d’avoir protégé cette filière d’exportation illicite de richesses nationales, qui reste une activité lucrative et attire des complicités jusque dans les institutions censées la combattre.
Gustave Mparany
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