RSF exhorte le Cambodge à mieux protéger les journalistes environnementaux, régulièrement victimes de violences et de menaces
Reporters sans frontières (RSF) exhorte les autorités cambodgiennes à renforcer la protection des journalistes environnementaux, régulièrement victimes de violences, d’obstruction et de menaces, comme le détaille un récent rapport de l’ONG locale de défense de la liberté de la presse CamboJA. Au Cambodge, 88 % des journalistes spécialisés dans les questions environnementales ont déjà subi des entraves, des menaces ou des violences en lien avec leur travail. C’est le constat alarmant dressé par l’enquête menée par l’organisation CamboJA, partenaire local de RSF, auprès d’un panel de 74 journalistes. Parmi les journalistes interrogés, près des deux tiers (64 %) disent avoir été victimes d’intimidations directes et 57 % rapportent des entraves à leur travail, notamment des refus d’accès à des informations, à des lieux ou à des sources. Presque la moitié (46 %) indiquent avoir été menacés de poursuites judiciaires ou ont été effectivement poursuivis. Le rapport, publié fin avril, souligne également des atteintes physiques et psychologiques plus graves : 14 % des journalistes interrogés déclarent avoir subi du harcèlement en ligne, 5 % des violences physiques, et 5 % du harcèlement sexuel. Certains sujets s’avèrent particulièrement risqués. La déforestation est citée comme le thème le plus sensible par 85 % des répondants, devant les conflits fonciers et l’accaparement des terres (69 %), ainsi que les questions liées au changement climatique et aux droits des communautés autochtones (37 %). “Le niveau de violence et de pression exercé sur les journalistes environnementaux au Cambodge, tel que documenté par notre partenaire CamboJA, est extrêmement alarmant et exige une action urgente. Le travail de ces journalistes, qui demandent des comptes aux puissants sur des questions cruciales telles que la pollution, la déforestation, les accaparements illégaux de terres et les ravages causés par l’exploitation minière, est essentiel pour le droit à l’information. Nous appelons les autorités cambodgiennes à prendre des mesures concrètes pour les protéger. Cédric Alviani Directeur du bureau Asie-Pacifique de RSF Ces conclusions s’inscrivent dans un contexte d’intensification des violences contre les journalistes couvrant les enjeux environnementaux au Cambodge. En décembre 2024, le journaliste environnemental Chhoeung Chhoeng, du site d’information en ligne Kampuchea Aphivath, a été tué par balle par un exploitant forestier illégal qu’il avait mis en cause dans plusieurs de ses enquêtes sur la déforestation. Les journalistes sont également exposés à des pressions judiciaires et administratives croissantes. Cible d’une vingtaine de plaintes liées à ses enquêtes sur la déforestation, le journaliste du média en ligne Eagle News Uk Mao a été détenu arbitrairement pendant plusieurs jours en mai 2025. Par ailleurs, l’adoption par le gouvernement d’un règlement sur les cartes de presse en novembre 2025 a empêché de nombreux journalistes d’obtenir ou de renouveler leur carte, en raison de critères d’attribution particulièrement stricts. Face à cette situation, RSF demande aux autorités cambodgiennes : Le Cambodge, où la situation de la liberté de la presse est jugée “très grave”, occupe le 151e rang sur 180 pays et territoires au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2026 par RSF. Reporters Sans Frontières (RSF) – 28 mai 2026
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