Thaïlande : un rapport explosif dévoile les administrations les plus corrompues
Une vaste enquête menée en Thaïlande dresse la liste des dix administrations publiques les plus touchées par la corruption. Le rapport cite plusieurs administrations où les demandes de pots-de-vin seraient les plus élevées, provoquant des remous dans la bureaucratie thaïlandaise. Une enquête qui secoue la bureaucratie thaïlandaise Le secteur privé thaïlandais a publié un rapport très critique sur la corruption dans les administrations publiques, provoquant une onde de choc au sein de la bureaucratie. L’enquête a été menée par le Comité conjoint du commerce, de l’industrie et de la banque (JSCCIB), avec le groupe Zero Corruption, auprès de 401 dirigeants et représentants d’entreprises dans tout le pays, entre le 26 mars et le 10 avril 2026. Selon cette enquête, 89,1 % des entreprises interrogées estiment que la corruption constitue un obstacle important à leurs activités. Plus de la moitié des répondants, 51,2 %, considèrent que la situation s’est aggravée par rapport aux trois dernières années. Des pots-de-vin parfois supérieurs à 100 000 bahts (2 641 euros) Le rapport classe les administrations selon le montant moyen des pots-de-vin présumés demandés lors de certaines démarches. Le Département de contrôle de la pollution arrive en tête, avec un montant moyen estimé à 102 160 bahts par transaction. Il est suivi par le Département maritime, avec 100 000 bahts, puis par le Département des accises, avec 94 667 bahts. Voici les dix administrations citées dans le rapport : Des entreprises confrontées à des demandes récurrentes L’enquête indique que 60,9 % des entreprises ayant demandé une autorisation auprès d’une administration disent avoir été confrontées à une demande directe ou implicite d’avantage lors de leur dernière démarche. Près de 46 % des entreprises interrogées affirment avoir déjà versé de l’argent, offert des cadeaux ou accordé d’autres avantages à des fonctionnaires pour faciliter une procédure. Dans les marchés publics, certaines entreprises évoquent également des commissions occultes représentant en moyenne 11 à 15 % de la valeur du contrat. La police routière en tête pour la fréquence des demandes Le rapport distingue aussi les administrations selon la fréquence des demandes présumées de pots-de-vin. Dans cette catégorie, la police routière et la police des autoroutes arrivent en tête, avec un taux de 100 % des contacts signalés comme ayant donné lieu à une demande ou suggestion d’avantage. Viennent ensuite le système judiciaire hors tribunaux, les organisations administratives de sous-district, le Département maritime et le Département des autoroutes. Un manque de confiance dans les mécanismes de plainte Le rapport souligne aussi la faible confiance des entreprises dans les dispositifs officiels de signalement. Selon l’enquête, 52,3 % des répondants disent ne pas faire confiance aux canaux publics de dénonciation. Plus inquiétant encore, 43,7 % affirment qu’ils n’oseraient pas porter plainte, même s’ils étaient témoins d’une demande de pot-de-vin. La réaction des autorités : entre démentis et demandes de preuves Ce rapport a provoqué une onde de choc immédiate au sein de l’appareil d’État, poussant plusieurs hauts responsables à réagir publiquement. Le directeur général du Département de contrôle de la pollution (PCD), Surin Worakijthamrong, a convoqué une conférence de presse d’urgence pour rejeter catégoriquement ces accusations. Affirmant que son administration n’a aucun pouvoir pour accorder des licences ou fermer des usines, il a envoyé une lettre ouverte à la Chambre de commerce thaïlandaise pour exiger que le secteur privé fournisse des preuves concrètes sous sept jours. Tout en contestant la méthodologie de l’enquête, il a toutefois promis des sanctions disciplinaires si des cas de corruption avérés impliquant ses fonctionnaires étaient démontrés. Du côté du gouvernement, le vice-Premier ministre, Phiphat Ratchakitprakarn, a annoncé qu’il convoquait une réunion d’urgence avec les directeurs des départements des Autoroutes, de la Marine et des Transports terrestres pour obtenir des explications immédiates. En réponse, le directeur général du Département maritime, Kritpetch Chaichuay, a tenté de calmer la polémique après la publication du rapport. Il a rappelé que son administration traite plus de 200 000 dossiers par an. Selon lui, plus de 80 % des services du Département maritime, notamment l’immatriculation des navires, sont désormais entièrement numérisés afin de réduire les contacts directs et limiter les risques de corruption. Le secteur privé appelle à une réforme de l’administration Les entreprises interrogées demandent une accélération de la numérisation des services publics afin de réduire les contacts directs entre fonctionnaires et entreprises. Elles réclament également davantage de transparence dans les appels d’offres, des sanctions plus fortes contre la corruption, une simplification des procédures administratives et une publication plus complète des données liées aux marchés publics. Le rapport ne constitue pas une décision judiciaire contre les administrations citées. Il reflète les déclarations et perceptions d’acteurs du secteur privé, mais il relance le débat sur un problème structurel qui continue de peser sur la compétitivité de la Thaïlande. Toutelathailande.fr avec Thai PBS World – 16 mai, 2026
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