La Birmanie veut condamner à mort des dirigeants de centres de cyberarnaques
Le pays est devenu un important foyer d’une industrie criminelle de fraude en ligne, qui a recours selon les Nations unies à la torture et au travail forcé. Un projet de loi veut instaurer la peine capitale en cas de «traitement cruel dans le but de forcer à commettre des escroqueries en ligne» La Birmanie a publié jeudi un projet de loi proposant la peine de mort pour ceux qui contraignent violemment des victimes à travailler dans des centres de cyberarnaques, une industrie clandestine très développée en Asie du Sud-Est. La guerre civile déclenchée par le coup d’Etat militaire de 2021 a semé l’instabilité dans tout le pays, créant un terrain propice pour les groupes criminels organisés, installés dans des complexes fortifiés. Ces centres piègent des internautes du monde entier, via de fausses relations amoureuses ou des investissements frauduleux en cryptomonnaies. Si certains y travaillent volontairement, d’autres affirment avoir été victimes de traite et torturés par leurs responsables. Première loi du nouveau gouvernement Le projet de loi prévoit la peine capitale pour «violence, torture, arrestation et détention illégales, ou traitement cruel envers une autre personne dans le but de la forcer à commettre des escroqueries en ligne». Les responsables de centres, même sans coercition, s’exposeront à la prison à vie, selon le texte, sur lequel le parlement devrait se prononcer lors de la première semaine de juin. Il s’agit de la première législation présentée par le nouveau gouvernement, formé à l’issue d’un processus électoral dénoncé à l’étranger comme une manœuvre pour prolonger le régime militaire sous une apparence de pouvoir civil. Des analystes estiment que le chef des putschistes Min Aung Hlaing, récemment devenu président, recourt à des mesures cosmétiques pour relancer les relations diplomatiques et commerciales de la Birmanie. Lutte interétatique La prolifération des centres de cyberarnaques dans le pays a provoqué des tensions avec la Chine voisine, irritée par le nombre de ses citoyens victimes ou impliqués dans les opérations. Le texte de loi présenté jeudi envisage la création d’un comité chargé de coopérer avec d’autres pays pour lutter contre cette industrie criminelle transnationale, un autre signe de la volonté affichée du nouveau gouvernement birman de s’impliquer à l’international. Le Temps (.ch) avec Agence France Presse – 14 mai 2026
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